Modou Diagne Fada : «Il y a deux poids deux mesures dans la traque des biens mal acquis»

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«Il y a deux poids deux mesures dans la traque des biens mal acquis»
Offensif à souhait et n’ayant rien perdu de sa verve des années de braise, Modou Diagne Fada est revenu, dans un entretien qu’il nous a accordé hier, sur la posture que compte adopter le Parti démocratique sénégalais (Pds) pour mener à bien la résistance face à une forfaiture du nouveau pouvoir enrobée dans une prétendue traque des biens mal acqui
s.


Président du groupe parlementaire des «Libéraux et Démocrates», vous venez de démissionner de la commission ad hoc mise sur pied pour entendre les députés Ousmane Ngom, Abdoulaye Baldé et Oumar Sarr qui ont aussi refusé de déferrer à la convocation de la dite structure. Est-ce que vous pouvez revenir sur ces évènements ?

Oui ! Nous avons décidé de ne pas participer aux travaux de la commission ad hoc tout simplement parce qu’elle n’a pas de matière. Quand on constitue une commission ad hoc au niveau de l’Assemblée nationale, c’est pour qu’elle puisse connaitre - à travers des pièces, des documents et des rapports - d’un certain nombre d’affaires. Cependant, on s’est rendu compte que la commission ad hoc chargé de statuer sur la levée de l’immunité parlementaire de Ousmane Ngom, Abdoulaye Baldé et Oumar Sarr n’avait comme fond de dossier que deux lettres du procureur de la République. La première concerne les députés Oumar Sarr et Baldé et la deuxième se penche sur Ousmane Ngom. Du fait que le député doit donner son avis en toute connaissance de cause, il fallait bien que le procureur de la République transmette à l’Assemblée nationale tous les éléments dont il dispose et qui intéressent les députés incriminés. Au moins, pour nous permettre de fonder notre opinion. Mais, on interpelle l’Assemblée nationale pour lui demander de lever l’immunité parlementaire d’un de ses membres, sans pour autant donner les éléments devant permettre une bonne appréciation de la question. Ça, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En dehors de cela, depuis sa création, en passant par l’élection de son bureau jusqu’à sa première convocation, cette commission a violé un bloc d’articles de la loi portant règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Est-ce que vous pouvez revenir sur ces articles ?

C’est d’abord la plénière. Cette dernière a ratifié le bureau de la commission ad hoc, comme elle a ratifié la composition de la commission ad hoc qui, ce qui n’était pas son rôle. Le rôle de la plénière devrait se limiter à ratifier les membres de la commission et ensuite les demander de se retrouver et de chercher le doyen d’âge parmi eux pour diriger la  première réunion, et ensuite élire son bureau. Tel n’a pas été le cas. Avant même la plénière, sous la houlette de a commission des lois, la commission ad hoc a été déjà mis sur place et ensuite son bureau a été élu. Ce qui nous semble être une violation flagrante des dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Ensuite après la constitution de la commission, cette dernière devait se donner au moins un délai de 48 heures pour pouvoir commencer à fonctionner et pouvoir convoquer sa première réunion. Cela n’a pas été le cas. Dès le lendemain de la plénière, les députés ont été convoqués, ce qui est une violation flagrante de l’article 43 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Mieux, le président de la commission ad hoc, qui se trouve être le président du groupe parlementaire de la coalition Benno Bokk Yakaar, de même que son premier vice-président sont tous les deux membres du bureau de l’Assemblée nationale et aucun membre du bureau de l’Assemblée nationale ne peut faire parti d’un bureau d’une quelconque commission que ça soit une commission spéciale temporaire, que ça soit une commission d’enquête ou une commission temporaire. Là aussi, le dernier alinéa de l’article 35 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale est extrêmement précis. Mieux, lundi ou mardi passé, on s’était réuni pour ratifier une seule commission pour entendre les trois députés. Cela aussi est illégal. L’article 52 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale est très clair. Pour chaque cas de demande de la levée d’immunité parlementaire, une commission ad hoc de onze membres  est constituée. Nous sommes quand même en face de trois demandes de levée d’immunité parlementaire. Donc, il fallait constituer trois commissions ad hoc différentes et chaque commission devait auditionner le député pour lequel le procureur de la République a demandé la levée de son immunité parlementaire, mais ils ont installé d’abord une commission irrégulière, ensuite ils n’ont pas installé trois commissions pour écouter les trois députés et là aussi, c’est précis. Une autre violation du règlement intérieur de l’Assemblée nationale s’est passée à l’occasion de la plénière. L’article 74  de l’Assemblée nationale permet à tout député à la fin de la lecture du rapport de lever la main pour poser la question préalable parce que tout député peut dire, il n’y a pas lieu de délibéré parce que les conditions ne sont as réunies. C’est ça que nous avons voulu faire avec le député Ousmane Ngom et nous nous sommes heurtés au refus catégorique du président de l’Assemblée nationale parce qu’il savait qu’on allait soulever ces incongruités, qu’on allait soulever ces entorses et ces manquements à la loi qui gouverne le fonctionnement de l’Assemblée nationale. Il faut que nous tous nous comprenions que le fait de chercher à levée l’immunité parlementaire d’un parlementaire n’est pas une banalité,. On ne doit pas jouer avec. Les députés qui sont chargés de proposer la levée de l’immunité parlementaire doivent se fonder sur des soupçons sérieux, sur des accusations graves transmises à l’Assemblée nationale et c’est cela que l’article 57 du règlement intérieur dit que : tout commission saisit par l’Assemblée nationale pour un projet, pour une proposition ou pour une affaire de sa compétence, cette saisine doit être accompagnée des documents et pièces que se rapportent. Tel n’a pas été le cas en ce qui concerne cette procédure. C’est la raison pour laquelle, nous avons déjà dit que c’est une commission ad hoc qui a été mal enfantée et qui par conséquent ne peut pas produire de bons résultats parce qu’il n’aura aucun élément d’appréciation pour fonder sa position ou sa recommandation vis-à-vis de la plénière qui est convoquer ce jeudi.

Qu’est que vous comptez faire ce jeudi, jour de la plénière ?

Nous n’avons pas encore discuté au sein du groupe. Je vais faire des concertations ce soir (hier soir) pour déterminer notre position, mais en tout état de cause le Pds qui est un parti qui respecte le Droit, la Constitution et je le rappelle le procureur Spécial n’est pas compétent pour saisir l’Assemblée nationale pour demander la levée de l’immunité parlementaire d’anciens ministres devenus députés et c’est le procureur lui-même qui a donné les arguments aux députés concernés et à nous mêmes parce que c’est le procureur qui a visé dans ses différentes lettres les anciennes fonctions gouvernementales des députés. Ce qui nous conforte dans l’idée comme il s’agit d’une question qui concerne d’anciens ministres, seule la Haute cour de justice est compétente. Donc, seul le procureur Près la Haute cour de justice est habilité à demander l’Assemblée nationale de lever l’immunité parlementaire des trois députés. Maintenait, nous sommes à cheval sur les principes sur les dispositions de la constitution et des lois de façon générale. C’est la raison pour laquelle, cette forfaiture à laquelle nous avons assisté durant tous ces derniers jours, mais nous allons saisir d’abord les juridictions compétentes pour apprécier les conditions d’installation de cette commission ad hoc et ensuite nous sommes presque sûrs que tous les procès verbaux d’auditions issus ou obtenus à partir de cette levée illégale et irrégulière des immunités parlementaires de nos collègues devraient pouvoir être annulés au moment du procès.

Vous avez tantôt parlé de saisine des  juridictions compétentes. Pouvez-vous nous dire lesquelles et si une telle démarche est déjà initiée ?

Nous sommes en discussion avec nos avocats. Nous avons un certain nombre de conseils. Nous leur avons soumis les problèmes et ils sont en train d’y travailler. Ils vont certainement produire un rapport à partir duquel ils nous indiqueront la juridiction compétente parce qu’il faut faire extrêmement attention pour savoir est ce que c’est la Cour suprême qui est compétente ou la Cour d’appel à travers ses différentes Chambres. Nous devons faire très attention pour emprunter la bonne voie et nos avocats y travaillent.

Monsieur le président, est-ce que les députés qui ont refusé de déferrer à la convocation ne risquent pas, à force d’engager un bras de fer à l’Assemblée nationale, d’être purement et simplement exclus ?

Non ! On ne peut pas les exclure de l’Assemblée nationale.

Vous avez fait mention dans votre propos de forfaiture. Est-ce qu’on ne peut pas pousser ce que vous appelez forfaiture jusqu’à exclure ces députés récalcitrants ?

Non, ce n’est pas impératif ! Le député ne peut pas être exclu de l’Assemblée nationale. Même la levée de l’immunité parlementaire d’un député ne signifie pas sa radiation de l’Assemblée nationale. Pour qu’un député puisse être radié de l’Assemblée nationale, il faut qu’il soit définitivement condamné. Même, une première condamnation n’enlève pas au député son statut de membre de l’Assemblée nationale. Il faudrait qu’il épuise toutes les procédures d’Appel et s’il est définitivement condamné à partir de ce moment là, il est radié de l’Assemblée nationale.

On aura vu par le passé ce qu’on pourrait appeler la jurisprudence Moustapha Cissé Lô-Mbaye Ndiaye. Ne pensez-vous que les gens peuvent aller jusqu’à…

(Il coupe). Non la jurisprudence Mbaye Ndiaye-Moustapha Cissé Lô, ils étaient des députés appartenant au Parti démocratique sénégalais (Pds) et qui étaient en même temps membres d’un autre parti, en l’occurrence l’Apr. Ils étaient des députés membres du Pds qui participaient à des réunions d’une formation politique concurrente. Et, selon les textes du Pds, dès l’instant qu’on participe à des réunions d’un parti politique concurrent ou qu’on est membre d’une autre formation politique concurrente, on est de fait démissionnaire du Pds. Valable ou pas, le Pds n’a fait, à l’époque, que constater qu’ils prenaient part à des rencontres de formations politiques concurrentes. Par conséquent, à travers une résolution, le Pds avait constaté leur démission de fait et avait saisi l’Assemblée nationale pour lui dire que ces deux députés sont des démissionnaires. Et, du fait qu’ils sont des démissionnaires, ils devaient perdre automatiquement leur qualité de député. Par contre, quand on est exclu d’un parti, on ne perd pas sa qualité de député. C’était un problème interne au Parti démocratique sénégalais transféré à l’Assemblée nationale qui a abouti à leur  départ. Maintenant, si c’était régulier ou pas, ça c’est un autre débat.

Jusqu’où êtes-vous prêts à aller dans la bataille contre la levée de l’immunité parlementaire de certains députés de votre camp ?

Mais écoutez, ce sont nos adversaires qui ne sont pas très coopératifs, pour ne pas dire très intelligents. S’ils l’étaient, ils allaient respecter la constitution, respecter les dispositions de l’Assemblée nationale. C’était plus simple. Ce serait avec moins de bruit et nous-mêmes nous serions disposés, non seulement de demander à nos collègues d’aller répondre mais aussi nous serions disposés à voter la levée de leur immunité parlementaire afin qu’ils puissent se défendre. Parce qu’encore une fois, personne n’est à l’Assemblée nationale pour se réfugier derrière une quelconque immunité parlementaire. Les gens font beaucoup d’erreurs parce que l’immunité parlementaire ce n’est pas pour le député mais plutôt pour l’Assemblée nationale. C’est pour que les gens ne puissent pas à tord et à travers inquiéter le député dans ses prises de position, dans ses opinions, dans ses déclarations, dans son travail d’aller et de venir etc. Il y’a deux choses d’ailleurs sur lesquelles il faut que les spécialistes du droit discutent car je n’en suis pas un. Parce que l’immunité parlementaire c’est quoi, c’est un ensemble. Il y’a d’abord l’irresponsabilité et l’inviolabilité. L’irresponsabilité c’est que quand vous êtes à l’Assemblée, vous êtes irresponsables de ce que vous dites. On ne peut pas engager une procédure contre un député parce qu’il a injurié à l’hémicycle, ou tapé même son collègue. L’inviolabilité c’est quand le député hors de l’Assemblée nationale commet un délit, il y’a une procédure spéciale propre pour l’entendre, pour le poursuivre ou pour enquêter. Mais dans ce cas précis, on devrait pouvoir même parler de levée partielle de l’immunité parlementaire du député. Parce que même les députés qui auront leur immunité levée demain vont pouvoir continuer à parler, à venir à l’Assemblée nationale et à faire des déclarations et on ne peut pas les inquiéter parce qu’on a levé leur immunité. Mai encore une fois, l’immunité c’est d’abord c’est pour que l’exécutif qui est un pouvoir, le judiciaire qui est un autre pouvoir, restent le pouvoir législatif. Donc c’est plutôt un moyen pour faire respecter l’Assemblée que pour permettre au député de ne pas répondre à la justice.

Nous restons dans votre groupe parlementaire pour aborder la démission de Souleymane Ndéné Ndiaye. Il se dit que beaucoup parmi vos responsables n’approuvent pas la façon dont vous menez la lutte contre la traque des biens mal acquis.  Qu’en est-il au juste ?

Je ne peux pas, en ce qui me concerne et à travers la presse et compte tenu de mes responsabilités dans le parti et dans le groupe parlementaire, apprécier comme vous semblez l’insinuer. C'est-à-dire, moi je reste adossé aux faits. D’abord, j’ai toujours remarqué que le député Souleymane Ndéné Ndiaye qui était toujours à mes côtés a toujours déploré la qualité des débats à l’Assemblée. Le bas niveau de beaucoup de nos collègues. Il n’a jamais compris pourquoi autant d’invectives, autant d’injures parce que pour lui l’Assemblée nationale c’est idée contre idée, argument contre argument et position contre position. Il s’est rendu compte que c’était une autre atmosphère, une autre ambiance et il faut le comprendre parce qu’il n’a jamais été à l’Assemblée malgré sa riche carrière politique. Nous autres, nous savons que l’Assemblée est une chambre très politique. C’est différent du Sénat qui est une chambre beaucoup plus sage. Ici la politique est très présente et donc le débat prend souvent des relents partisans. Vous êtes obligés d’écouter des gens qui n’ont pas le même niveau que toi mais que vous êtes obligés d’écouter parce qu’ils ont le même rang que vous. Vous retrouver du tout. L’assemblée nationale est donc le reflet de la société sénégalaise à laquelle nous appartenons nous tous. Certainement il n’était pas à l’aise et il a décidé de démissionner de son poste et nous en avons pris acte. Et il a été remplacé par l’éminent Professeur Ibar Der Thiam qui connaît bien les rouages de l’Assemblée.

On sait que la responsabilité pénale est individuelle, comme l’a rappelé Souleymane Ndéné.  Ne pensez-vous que la principale raison de sa démission est qu’il n’était pas dans les dispositions de porter le combat d’autrui ?

Moi je ne qualifie pas. Je laisse à chaque responsable l’entière responsabilité de ses déclarations et ses positions mais je ne les commente pas. En ce qui me concerne moi qui n’est pas encore concerné par tout ce qui se fait, je considère que mo devoir de militant d’abord et mon devoir de responsabilité du parti me pousse à soutenir mes collègues, mes frères mes sœurs qui sont en bisbilles avec la justice. Nous avons partagé le gouvernement et le parti. Du moment qu’ils sont injustement accusés, je me dois de les soutenir. Le combat que nous menons c’est pour la sauvegarde de l’héritage de Me Abdoulaye Wade. C’est un combat pour la consolidation Pds pour empêcher que cette famille soit disloquée. Pour empêcher que cette famille soit anéantie que cette famille, le Pds ne puisse jamais revenir du pouvoir. Je crois que c’est de notre responsabilité. Si nous nous ne prenons pas notre responsabilité pour gérer cette maison Pds, les générations futures vont nous demander des comptes.

Donc la traque des biens présumés mal acquis est une volonté de museler le Pds ?

C’est un combat politique cette traque des biens mal acquis. S’il y a des biens mal acquis, il faut les traquer et les prendre. Le devoir de rendre compte, nous sommes d’accord, il n’y a pas de problème. C’est un principe fort chez nous. Mais pourquoi demander seulement aux responsables du Pds de rendre compte ? Pourquoi ne demande-t-on pas à d’autres qui ont géré avec nous, responsables comme nous autres, de rendre compte ? Il y a deux poids deux mesures. Une justice à double vitesse qui cible les militants et responsables du Pds et qui laisse de côté tout ce qui étaient avec nous au début de l’alternance, qui laisse de côté tous ceux qui étaient avec nous jusqu’à deux ans ou trois ans avent la nouvelle alternance, mais dans quel pays sommes nous. Mais s’il faut rendre compte, que tout le monde rende compte. S’il faut auditionner il faut auditionner tout le monde. Mais des auditions qui ne ciblent que les militants et responsables du Pds, se sont des auditions sélectives et qui fait que le parquet est d’être utilisé par le pouvoir pour casser du Pds. Cela ne s’appelle pas autre chose. Il y’a une volonté des tenants actuels du pouvoir de prendre leur revanche sur les responsables du Pds. Il y’a une volonté d’appliquer la justice des vainqueurs. Mais si nous rentrons dans ce jeu, le pays n’en sortira jamais de ce cercle vicieux. Il faut que les gens comprennent que nous avons géré peut être que dans notre gestion il y’a eu des erreurs et le peuple nous a sanctionné à l’issue d’élections libres et démocratiques. Ce même peuple a confié la direction du pays à une nouvelle équipe. Ils ont le droit de faire l’état des lieux mais on n’a pas besoin de faire autant de tintamarre, autant de bruit pour faire ce travail.

Le 118ème Magal de Touba a vécu. Quelle appréciation faites-vous, en tant que politique et talibé, de l’appel lancé à l’occasion par le Khalife général des Mourides ?  

Vous savez que le Pds est fortement lié à Touba. Le Président Wade est fortement lié à la famille de Serigne Touba et depuis très longtemps. Et comme vous le savez, le travaillisme qui est encore présent dans certaines appellations de certaines structures du Pds, comme l’Ujtl par exemple, s’inspire pour l’essentiel de la doctrine du travail du Mouridisme. C’est une voie qui mène non seulement vers Dieu mais aussi qui pousse vers le travail et le travail bien fait pour pouvoir produire des richesses qui devraient pouvoir nourrir l’économie. Voila un peu la doctrine économique du Mouridisme. Le Président Wade depuis très longtemps a beaucoup réfléchi sur cette confrérie et il a librement décidé d’être talibé de cette confrérie. Et la capitale du Mouridisme c’est Touba. Donc le Pds à travers son Secrétaire général national est très lié à la famille de Serigne Touba. Et c’est la raison pour laquelle à chaque fois qu’il y’a un évènement important à Touba le Pds ne peut pas s’absenter. Mais aussi la présence du Pds est toujours remarquée. Cette fois-ci aussi, à la veille du Magal, dans le cadre d’une grande délégation, le Pds s’est rendu à Touba et a bénéficié des prières du Khalife général des Mourides. Le porte-parole de la famille de Touba, à savoir Serigne Basse Abdou Khadre, et Serigne Bassirou Mbacké Porokhane nous ont bien accueillis à la Résidence Khadimou Rassoul. Si je rappelle tout cela, c’est pour en arriver au discours du Khalife général des Mourides qui s’adressait d’abord aux musulmans. Parce qu’il a lancé un appel à la solidarité entre musulmans pour défendre l’islam. Parce qu’il considère que l’islam est menacé. Dans ce pays où nous sommes le Sénégal, il y’a des organisations tapies dans l’ombre, qui travaillent jour et nuit pour affaiblir l’islam. Au plan international aussi, les mêmes lobbyings existent. Ils travaillent à diaboliser l’islam. Donc c’est d’abord eux les chefs religieux de toute confession confondue, qui doivent se donner la main pour défendre la religion. Le deuxième volet de son discours était destiné aux talibés pour les exhorter au travail, au respect de recommandations divines, au respect des enseignements du Prophète Psl et ensuite au respect scrupuleux des recommandations de Cheikh Ahmadou Bamba.

Mais, il a réservé une importante part, disons le gros morceau, à la classe politique…  

Oui, il s’est ensuite adressé à la classe politique sénégalaise. Et c’est pour lui demandé de travailler et d’arrêter le bavardage. A cette même classe politique, il demande un peu plus de retenue dans les discours, dans les échanges entre responsables ou simples militants. Et nous pensons que c’est son devoir et son droit d’autant plus que les acteurs politiques appartenant à cette confrérie sont répartis dans toutes les formations politiques de ce pays. Tout comme les acteurs politiques apparentant à la communauté Tidiane sont répartis dans tous les partis politiques au Sénégal. Donc vous voyez bien que tout est lié. Pour que nous puissions avoir une société où le respect est de mise, il faut nécessairement qu’on puisse se parler mais qu’on puisse y mettre toutes les formes requises pour éviter de dire des choses qui ne sont pas bonnes à dire. Je crois que ce conseil qu’il a donné, nous nous l’avons toujours appliqué au niveau du Pds dans le cadre de nos différentes interventions. Depuis que nous sommes dans l’opposition, nous n’avons fait qu’un seul rassemblement public et c’était avec l’autorisation du Préfet. A chaque fois que nous avons senti que nous étions dans nos droits, nous avons saisi le Conseil constitutionnel, la Cour d’appel etc. Nous avons eu à faire quatre à cinq recours. A l’assemblée nationale, nous sommes très à cheval sur le règlement intérieur pour ne pas le violer et pour ne réclamer que ce qui est permis. Nous n’avons jamais brûlé de pneus, nous n’avons jamais cassé de véhicules, donc nous sommes sur les recommandations du Khalife. Nous n’avons jamais que nous n’allons pas déférer à la convocation de la gendarmerie ou de la police. A chaque que nous avons été convoqué, on est parti répondre. Quand nous dénonçons les violations des textes de lois, nous n’utilisons que la radio ou les télévisions et les journaux. Nous pensons que quand un parti d’opposition adopte une telle posture, il a fait ce qu’il a devait faire. Donc s’il y’a problème c’est de l’autre côté. C’est l’autre camp qui doit arrêter la diabolisation, qui doit arrêter la chasse aux sorcières, qui doit arrêter les intimidations, qui doit arrêter de jeter d’honnêtes citoyens à la vindicte populaire.  Je crois que si ces attaques la cessent, le pays va se calmer et les gens vont travailler au sein de leur formation en perspective des prochaines échéances.

Est-ce que vous ne pensez pas qu’il est temps de remettre sur le métier la fameuse Majorité d’idées de Me Wade ?

Vous savez nous, ce n’est pas à nous de prendre cette initiative. Les Sénégalais nous ont demandé d’aller dans l’opposition et nous respectons cette volonté des sénégalais. Dans l’opposition, nous sommes en train de faire notre rôle. Ils ont demandé à d’autres de gérer le pouvoir de gérer le pays, de produire des résultats, d’amener le calme, la tranquillité, la sécurité dans les frontières et à l’intérieur du pays, c’est à eux de faire leur job. Et éventuellement, s’ils jugent nécessaire de prendre des initiatives. Mais, à notre niveau, nous ne prendrons aucune initiative dans ce sens la. Nous sommes là où nous sommes et nous entendons jouer pleinement notre rôle dans l’opposition.

Le Sénégal vient de perde un éminent responsable politique que vous avez côtoyé dans le Pds. Que retenez-vous de Ousmane Masseck Ndiaye qui vient de nous quitter ?

C’est un témoignage qu’on devrait pouvoir faire au nom du Secrétaire général du Pds, au nom du Parti démocratique sénégalais (Pds), parce que c’est un personnage avec lequel nous avons beaucoup travaillé pour asseoir les structures du Pds. Je rappelle qu’il était le directeur des structures du Pds pendant de longues années. Mais ce que moi je retiens surtout de lui, c’est qu’il a été d’abord un brillant cadre, il fait parti des premiers cadres qui ont accepté de militer dans un parti d’opposition. Ce n’était pas facile d’avoir un jeune cadre qui prenait des risques pour militer dans un parti d’opposition. Ousmane Masseck Ndiaye l’a fait. Car il a été cadre de la poste mais en même temps militants du Parti démocratique sénégalais. C’est vous dire qu’il était un homme de principe et quelqu’un aussi qui ne reculait pas devant un certain nombre de risques. Mais je retiens aussi qu’il a été aussi un grand maire de Saint Louis, il aimait bien sa localité, comme son père pour Ousmane Masseck, Saint-Louis était tout. Il a fait de bonnes réalisations dans cette localité et je suis sure que nous tous sommes en deuil mais il est beaucoup plus dure à Saint-Louis. Ousmane Masseck était aussi un fervent talibé Mouride. Quelqu’un qui a des relations familiales avec la famille de Serigne Bara Mbacké. Il aimait d’ailleurs le rappelait tout le temps pour s’en targuer. Il vouait un profond respect à l’actuel Khalife général des mourides. Donc, nous présentons nos condoléances à sa famille, à son épouse, ses enfants, ses amis mais aussi au Khalife général des mourides qui a perdu un talibé. Ousmane était plus qu’un libéral, c’était un homme multidimensionnel et je crois que la cérémonie de levée du corps en est une parfaite illustration. Il a rassemblé tout le monde autour de sa dépouille. Tous les segments de la vie jeunes femmes, étaient présents. En fait il a montré aujourd’hui qu’il était l’ami de tout le monde.  Il n’a pas vécu longtemps mais il a laissé un digne héritage qui restera dans les mémoires collectives de ses compatriotes.

LE SENEGALAIS.NET

 

Mis à jour ( Jeudi, 10 Janvier 2013 15:58 )  

 

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