SENTV : La tension politique entre le Premier ministre Al Amine Lô et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, s’est accentuée ce lundi, quelques heures seulement après la sortie médiatique du leader de Pastef à Touba. Mis en cause sur sa gestion des dossiers économiques et des ressources naturelles, le chef du gouvernement a choisi de répondre par un message publié sur le réseau social X.
Sans citer directement son ancien supérieur à la Primature, Al Amine Lô a dénoncé toute tentative de s’arroger le monopole du patriotisme. « Chercher à faire du patriotisme le monopole d’un seul camp revient, précisément, à le trahir », a-t-il écrit, avant d’ajouter en wolof : « Gatt xèl weessu wul diapp né beugg sa reew, yaw rek yaako lamboo def ko farata », une formule interprétée comme une réponse aux accusations portées contre lui.
Cette réaction intervient après les déclarations d’Ousmane Sonko lors de l’inauguration de la permanence de Pastef à Touba. Le président du parti a affirmé avoir été informé que le Premier ministre aurait indiqué, au cours d’une réunion confidentielle, que sa priorité était désormais l’amélioration du climat des affaires afin de répondre aux attentes des investisseurs et partenaires économiques occidentaux.
Pour Ousmane Sonko, une telle orientation marquerait un éloignement de la ligne qu’il dit avoir défendue lorsqu’il dirigeait la Primature, notamment dans les négociations portant sur les ressources naturelles du Sénégal. Il a rappelé avoir travaillé avec Al Amine Lô, qu’il avait nommé secrétaire général de la Primature, estimant que ce dernier connaissait parfaitement les objectifs poursuivis par son équipe en matière de souveraineté économique.
Le leader de Pastef est allé plus loin en dénonçant ce qu’il qualifie de « sabotage ». Il a annoncé son intention de lancer une offensive parlementaire à travers le dépôt d’une série de motions de censure contre le gouvernement si l’exécutif ne revenait pas sur cette orientation.
Dans le même élan, Ousmane Sonko a révélé qu’une proposition de loi, portée par le député Guy Marius Sagna, sera prochainement déposée à l’Assemblée nationale. Le texte prévoit que tous les contrats relatifs à l’exploitation des ressources naturelles soient soumis à l’examen des députés afin d’en garantir la conformité avec les intérêts nationaux.
Ces échanges publics illustrent la montée des tensions entre le Premier ministre et le leader de Pastef, sur fond de divergences concernant la stratégie économique du gouvernement et la gouvernance des ressources naturelles. Les prochaines initiatives parlementaires annoncées pourraient constituer un nouveau test politique pour l’exécutif.