SENTV : La présidente du mouvement Alternative pour la relance citoyenne (ARC), Anta Babacar Ngom, a conclu, ce week-end, une tournée politique de deux jours dans le nord du Sénégal par un meeting à Dagana, au cours duquel elle a interpellé directement le président de la République sur l’avenir de l’Assemblée nationale.
Face à une foule de militants et de sympathisants mobilisés, la députée a tenu un discours offensif, estimant que l’actuelle législature ne correspond plus aux aspirations de changement exprimées par les citoyens. À l’issue de cette tournée effectuée les 9 et 10 janvier, elle a lancé un appel solennel à la dissolution de l’Assemblée nationale, jugeant l’institution « éloignée de l’esprit de rupture » attendu par le peuple sénégalais.
Selon Anta Babacar Ngom, la configuration actuelle du Parlement ne permet pas un fonctionnement démocratique équilibré. Elle dénonce notamment la marginalisation de l’opposition au sein de l’hémicycle, pointant des conditions de travail qu’elle qualifie de contraignantes pour les députés non issus de la majorité.
« La voix de l’opposition compte peu », a-t-elle affirmé, évoquant des temps de parole restreints et une faible prise en compte des initiatives parlementaires portées par les groupes minoritaires. La responsable politique estime que plusieurs propositions de loi déposées par l’opposition restent ignorées, renforçant, selon elle, le sentiment d’exclusion et d’inefficacité du débat parlementaire.
Pour la présidente d’ARC, cette situation constitue un frein à l’expression du pluralisme politique et à la mise en œuvre de réformes profondes. Elle soutient qu’une dissolution de l’Assemblée nationale permettrait de redonner la parole aux citoyens à travers de nouvelles élections législatives, en phase avec les attentes actuelles de l’opinion publique.
Cette sortie politique marque une montée en puissance du discours critique d’Anta Babacar Ngom, qui entend s’imposer comme une voix alternative sur l’échiquier politique national, en plaidant pour une recomposition des institutions et un rééquilibrage du jeu démocratique.