Dakar : quand l’eau devient arme dans les conflits et menace des millions de vies

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SENTV : À l’aube de la réunion préparatoire de la Conférence des Nations Unies sur l’eau 2026, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) tire la sonnette d’alarme : dans de nombreux conflits à travers le monde, l’eau, ressource vitale, est de plus en plus utilisée comme arme contre les populations civiles.

Selon les chiffres du CICR, près de 180 millions de personnes ont vu leur accès à l’eau compromis par la destruction, le détournement ou le contrôle de leurs infrastructures hydrauliques. En 2024, alors que 176,6 millions de personnes avaient besoin d’une aide urgente en eau et assainissement, seulement 48 millions ont pu en bénéficier. Une situation particulièrement critique au Sahel, où la rareté de l’eau et la violence armée s’alimentent mutuellement, exacerbant les déplacements forcés et les tensions locales.

« Privés d’eau, les civils vivent un quotidien où la survie devient un combat. Briser ce cycle exige une réponse humanitaire forte et un engagement politique durable », souligne Natalia Blanco Guiard, conseillère à l’unité Eau et Habitat du CICR.

La réunion de Dakar, co-présidée par le Sénégal et les Émirats arabes unis, représente une opportunité stratégique pour transformer l’alarme en action. Sur le terrain, l’unité Eau et Habitat du CICR répare des infrastructures vitales et mène un dialogue confidentiel avec toutes les parties armées afin de rappeler leur obligation de protéger les biens civils, conformément au droit international humanitaire (DIH).

« Utiliser l’eau comme arme est strictement interdit par le DIH. Notre initiative mondiale vise à ce que la loi se traduise en protection concrète des populations et des infrastructures », explique Jean-Nicolas Marti, chef de la délégation régionale du CICR à Dakar.

Le CICR appelle les États et organisations à prendre trois mesures immédiates :

  1. Reconnaître que les conflits sont un obstacle majeur à l’accès universel à l’eau et intégrer ce constat dans les conclusions de la Conférence 2026.

  2. Créer des financements flexibles et pluriannuels pour les zones de conflit afin de prévenir l’effondrement des systèmes hydrauliques.

  3. Renforcer l’application du DIH, en traduisant cet engagement en plans d’action nationaux concrets.

Depuis 1983, l’unité Eau et Habitat du CICR intervient dans plus de 30 pays, aidant chaque année 25 à 32 millions de personnes, grâce à plus de 500 ingénieurs répartis sur 145 sites. Sur le terrain, cela se traduit par la distribution d’eau d’urgence, la réhabilitation des infrastructures, le soutien aux services essentiels et le maintien d’un dialogue constant avec toutes les parties pour protéger les infrastructures critiques.

Le CICR, organisation neutre et indépendante, agit dans le monde entier pour assister les populations touchées par les conflits armés, en appliquant les principes strictement humanitaires issus des Conventions de Genève de 1949.

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