Finale sous tension : le Maroc saisit la commission d’appel de la CAF

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SENTV : La Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) a décidé de porter en appel les sanctions infligées par la Confédération africaine de football (CAF) à la suite des incidents ayant émaillé la finale de la CAN 2026. Une démarche officielle qui ouvre un nouveau front judiciaire entre l’instance dirigeante du football marocain et la CAF, quelques jours après la publication du verdict disciplinaire.

Au cœur de la contestation figure le rejet de la réclamation marocaine relative au comportement des joueurs sénégalais lors de la rencontre. Pour la FRMF, le retrait momentané des Lions de la Téranga de la pelouse s’apparente à un abandon de terrain, une situation qui, selon son interprétation des règlements, aurait dû entraîner un forfait automatique. En écartant cet argument, la commission disciplinaire aurait, aux yeux de Rabat, fait preuve d’une lecture restrictive des textes.

Mais au-delà du fond, la fédération marocaine pointe également des irrégularités de procédure. Des sources proches du dossier évoquent une absence d’audition des joueurs marocains sanctionnés, alors que des membres de l’encadrement technique sénégalais auraient, eux, été entendus. Un déséquilibre procédural que la FRMF considère comme une atteinte au principe du contradictoire et qui constitue l’un des axes majeurs de son recours.

Les sanctions prononcées sont particulièrement lourdes pour le camp marocain. Le milieu de terrain Ismaël Saibari a écopé de trois matches de suspension, assortis d’une amende de 100 000 dollars (environ 60 millions de FCFA). Le capitaine et défenseur du Paris Saint-Germain, Achraf Hakimi, a pour sa part été suspendu pour deux rencontres. À cela s’ajoute une amende globale de 315 000 dollars (près de 190 millions de FCFA) infligée à la fédération, liée notamment à l’usage de lasers dans les tribunes, au comportement des ramasseurs de balles et à l’intrusion de membres du staff technique dans la zone de visionnage de la VAR.

À Rabat, certains responsables soupçonnent la CAF d’avoir cherché à équilibrer les responsabilités entre les deux finalistes, dans une logique de compromis, plutôt que de statuer exclusivement sur la gravité des faits reprochés. Une approche que la FRMF juge préjudiciable à la clarté juridique et à la crédibilité de la décision.

La balle est désormais dans le camp de la commission d’appel de la CAF, appelée à se prononcer sur ce dossier sensible qui prolonge, sur le terrain juridique cette fois, l’une des finales les plus électriques de l’histoire récente du football africain.

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