SENTV : Le Commissariat d’arrondissement de Grand Dakar a mis fin, le 19 février 2026, aux activités présumées d’un réseau spécialisé dans la falsification de documents administratifs. Deux individus ont été interpellés puis déférés devant le parquet pour faux, usage de faux et complicité, à l’issue d’une enquête déclenchée par une plainte déposée par l’ex-épouse de l’un des mis en cause.
Une plainte à l’origine de l’enquête
Selon des sources judiciaires, la procédure a été ouverte après la saisine du parquet par la plaignante. Celle-ci a affirmé que son ancien conjoint n’avait jamais accompli personnellement les formalités d’état civil relatives à leurs enfants. Il aurait confié ces démarches à un intermédiaire — présenté comme un proche — qui lui remettait des extraits d’acte de naissance fictifs.
La plaignante soutient que ces documents auraient servi à faire quitter le territoire sénégalais à des enfants mineurs à destination du Congo. Elle accuse également son ex-époux d’avoir obtenu, sous de fausses identités ou qualités, trois cartes nationales d’identité sénégalaises.
Des documents déclarés inexistants par l’état civil
Les investigations menées par les enquêteurs ont permis de confirmer le caractère frauduleux des pièces produites. L’officier d’état civil du centre principal de la commune concernée a délivré des certificats attestant de la non-existence des actes de naissance mentionnés sur les documents incriminés.
Une perquisition effectuée au domicile du présumé complice, à Grand Dakar, a conduit à la découverte d’un dispositif assimilé à une officine de fabrication de faux documents.
Un important lot de pièces saisi
Les forces de l’ordre ont dressé l’inventaire suivant :
-
10 extraits de naissance (dont un vierge), 3 copies littérales, 1 acte de mariage, 1 acte de décès et 1 bulletin de naissance ;
-
15 copies de cartes nationales d’identité, 2 copies de passeports et 2 autorisations parentales vierges ;
-
5 extraits de casier judiciaire, 1 certificat de résidence, 4 certificats de perte et une notification de rejet émanant de la Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF) ;
-
3 cachets portant le nom d’une entité dénommée « Holding ASCA ».
Ces éléments, selon les enquêteurs, laissent supposer l’existence d’un système structuré de production et d’usage de documents administratifs apocryphes.
Rappel du cadre légal
Au regard du Code pénal sénégalais, les infractions de faux et usage de faux en écriture publique ou authentique sont passibles de lourdes peines d’emprisonnement et d’amendes, notamment lorsque les documents concernent l’état civil ou des titres d’identité.
Les deux suspects ont été présentés aux autorités judiciaires compétentes. L’information judiciaire devra déterminer l’étendue exacte des faits et d’éventuelles ramifications.
La Police nationale rappelle que toute information utile peut être signalée gratuitement via le numéro vert 800 00 17 00 et réaffirme sa détermination à lutter contre la fraude documentaire et les atteintes à la sûreté administrative.