À Rabat, Ousmane Sonko appelle à dépasser l’émotion sportive et à refonder le partenariat sénégalo-marocain
SENTV : Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a coprésidé avec son homologue marocain Aziz Akhannouch la 15ᵉ session de la Grande Commission mixte de coopération sénégalo-marocaine, une rencontre de haut niveau sanctionnée par la signature de dix-sept accords de coopération entre les deux pays.
Paraphés par des ministres et directeurs nationaux du Sénégal et du Maroc, ces accords couvrent des secteurs clés, notamment l’Enseignement supérieur, la Sécurité routière, les Infrastructures portuaires, le Développement industriel, la Normalisation et l’Économie numérique, traduisant la volonté commune de donner un nouveau souffle à un partenariat ancien et multidimensionnel.
Au-delà du volet technique, la session a été marquée par une intervention politique remarquée du chef du gouvernement sénégalais, largement consacrée au contexte ayant entouré la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) et aux perceptions suscitées par certains débordements observés en marge de l’événement.
Dès l’ouverture des travaux, Ousmane Sonko a tenu à préciser que sa visite officielle au Maroc constituait « un événement politique majeur », et non une simple séquence post-CAN. Reconnaissant un climat « chargé d’émotions sportives » et d’images parfois difficiles pour « deux peuples profondément liés », il a insisté sur la capacité des deux États à ne pas laisser l’émotion dicter le sens de leur relation.
Le Premier ministre a ainsi souligné que son déplacement ne visait pas à apaiser une crise, mais à réaffirmer la solidité des liens entre Dakar et Rabat. Selon lui, la finale n’a pas opposé le Sénégal et le Maroc, mais a plutôt mis à l’épreuve l’intensité de deux passions nationales dans un espace commun. Les incidents relevés, a-t-il poursuivi, doivent être compris comme des excès émotionnels liés à la ferveur sportive, et non comme des fractures politiques ou culturelles.
Rappelant que le sport, aussi mobilisateur soit-il, ne saurait résumer à lui seul la relation entre deux nations, Ousmane Sonko a mis en avant l’ancienneté et la profondeur des liens humains, spirituels, économiques et culturels unissant les deux pays, nourris par la circulation historique des étudiants, des entrepreneurs et des confréries religieuses.
Le chef du gouvernement a enfin insisté sur la confiance politique construite dans la durée entre les deux États, au-delà des alternances et des conjonctures. « Un lien qui survit aux événements parce qu’il est enraciné dans une histoire partagée », a-t-il déclaré, avant de conclure que cette visite devait être comprise comme un voyage de confirmation et de refondation, destiné à projeter l’axe Dakar–Rabat vers un avenir plus dense, plus structuré et plus ambitieux.
Les deux Premiers ministres ont, à l’issue des travaux, salué le modèle de coopération sénégalo-marocain et convenu de la nécessité de redynamiser davantage cet axe stratégique au service des intérêts communs des deux pays.








