Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : le volet « trafic de drogue » propulse le dossier dans une nouvelle dimension criminelle
SENTV : L’enquête visant douze personnes initialement poursuivies pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH et blanchiment de capitaux connaît un tournant majeur. Selon des informations rapportées par L’Observateur, le parquet de Pikine-Guédiawaye a élargi son réquisitoire introductif en y intégrant le crime de trafic de drogue, visant pour l’heure X.
Une évolution procédurale qui modifie en profondeur la nature du dossier et alourdit considérablement les enjeux judiciaires.
Un réquisitoire étendu devant le juge d’instruction
Le procureur de la République près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, a saisi le juge d’instruction du premier cabinet d’un réquisitoire élargi. À ce stade, l’information judiciaire ne se limite plus aux infractions initiales. L’introduction du trafic de stupéfiants fait basculer le dossier dans le champ criminel, ouvrant la voie à des investigations sans contrainte de délai strict, conformément aux règles applicables en matière criminelle.
Ce choix stratégique permet au magistrat instructeur de diligenter des actes d’enquête approfondis et, le cas échéant, d’étendre les poursuites à de nouveaux protagonistes.
Stupéfiants et pratiques à risque : les nouveaux éléments de l’enquête
D’après les éléments relayés par la presse, les investigations menées par la Brigade de recherches de la gendarmerie de Keur-Massar auraient mis en évidence la consommation de diverses substances illicites, y compris des drogues dites « dures », dans le cadre de rencontres sexuelles.
Les enquêteurs s’intéressent désormais à l’identité du fournisseur présumé. Les douze personnes déjà placées sous mandat de dépôt pourraient, en outre, faire l’objet de poursuites supplémentaires pour usage de stupéfiants, en sus des qualifications pénales initiales.
Extractions de Rebeuss et perquisitions ciblées
Autre développement notable : le Doyen des juges a délivré une délégation judiciaire afin de permettre l’exécution de nouvelles réquisitions. Dans ce cadre, Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé et Doudou Lamine Dieng ont été extraits de la prison de Rebeuss pour des perquisitions effectuées à leurs domiciles respectifs.
Selon les informations disponibles, divers objets ont été saisis au cours de ces opérations. Les intéressés ont ensuite été reconduits en détention. Les actes d’instruction se poursuivent et d’éventuelles arrestations supplémentaires ne sont pas exclues.
Une enquête déclenchée par une alerte sanitaire
L’affaire trouve son origine dans un signalement relatif à un individu séropositif qui aurait entretenu des relations sexuelles non protégées en connaissance de son statut. Interpellé le 4 février 2026, il aurait reconnu les faits lors de son audition, après confirmation médicale de sa séropositivité sur réquisition judiciaire.
Les investigations ont ensuite conduit à une série d’interpellations successives, portant à douze le nombre total de personnes placées en garde à vue, puis écrouées. Selon les informations relayées, huit d’entre elles auraient été déclarées séropositives et quatre séronégatives à l’issue des dépistages.
Un dossier à haute sensibilité
Entre enjeux de santé publique, infractions liées aux mœurs, soupçons de blanchiment et désormais trafic de drogue, le dossier s’annonce particulièrement complexe. L’élargissement du champ pénal renforce la gravité des faits allégués et place l’instruction sous haute surveillance médiatique et judiciaire.
La présomption d’innocence demeure applicable à l’ensemble des mis en cause, dans l’attente des conclusions définitives de l’enquête et d’éventuelles décisions de justice.