Appel au limogeage de Sonko : la sortie controversée d’un haut responsable ravive les tensions politiques
SENTV : Une déclaration virulente secoue la sphère politico-médiatique sénégalaise. L’appel au « limogeage immédiat » du Premier ministre, Ousmane Sonko, lancé par Baye Mayoro Diop, suscite une vive polémique depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux.
Dans un message au ton particulièrement offensif, l’actuel Directeur de la Coopération décentralisée n’a pas mâché ses mots, qualifiant le chef du gouvernement de « petit PM » et remettant en cause son utilité au sein de l’exécutif. Une prise de position publique inhabituelle pour un haut responsable administratif, qui alimente les débats sur les lignes de fracture au sommet de l’État.
Nommé le 25 mars 2025 à ce poste stratégique au sein du ministère en charge de l’Aménagement du territoire, M. Diop a justifié sa sortie par ce qu’il considère comme des manquements graves du Premier ministre. Selon lui, Ousmane Sonko ne travaillerait pas « pour la réussite du mandat » du président Bassirou Diomaye Faye, mais plutôt pour « son échec ».
Parmi les griefs avancés, il cite notamment des déclarations jugées inappropriées sur la nature « transitoire » du mandat présidentiel, ainsi que la tenue répétée d’activités politiques en pleine gestion gouvernementale. Il évoque également des prises de parole qu’il estime de nature à « fragiliser les institutions » et l’autorité de l’État.
Autre point de crispation soulevé : l’agenda du Premier ministre. M. Diop dénonce l’organisation d’une activité officielle par ce dernier au moment même où le chef de l’État devait s’adresser à la Nation, y voyant un « manque de respect » envers les institutions républicaines. « Tant que cela persistera, je continuerai à le dénoncer », a-t-il insisté.
Cette sortie intervient dans un contexte politique déjà marqué par des recompositions internes. Ancien membre du PASTEF, formation dirigée par Ousmane Sonko, Baye Mayoro Diop avait été exclu du Mouvement national des cadres patriotes (Moncap) ainsi que du parti pour avoir lancé sa propre structure politique.
Alors que cette polémique prend de l’ampleur, aucune réaction officielle du gouvernement n’a, pour l’heure, été rendue publique. Mais cet épisode illustre les tensions latentes au sein de la majorité et pose, en filigrane, la question de la cohésion de l’exécutif sénégalais.