Assemblée nationale du Sénégal : Farba Ngom clame son innocence et prête serment sur le Coran

0

SENTV : Nouvelle séquence à forte intensité politique à l’Assemblée nationale. Le député-maire des Agnam, Farba Ngom, a comparu ce lundi 16 février en séance plénière dans le cadre de l’examen d’une nouvelle demande de levée de son immunité parlementaire. En cause : l’affaire liée à l’introduction présumée de deux téléphones portables dans sa cellule.

Face à l’hémicycle, l’élu, également responsable de l’Alliance pour la République (APR), a opté pour une défense offensive, mêlant contestation juridique et serment religieux.

Un serment public pour clamer son innocence

Dans une atmosphère tendue, Farba Ngom a brandi un exemplaire du Coran, jurant n’avoir « détourné aucun fonds public ». Le geste, solennel, visait à donner une dimension morale à son intervention.

« Je jure qu’aucun franc provenant du Trésor public n’a été versé sur les comptes de mes sociétés », a-t-il déclaré, assurant que des enquêtes menées dans le cadre d’une délégation judiciaire n’auraient révélé aucune malversation. « La justice m’a blanchi », a-t-il insisté.

Une passe d’armes avec la ministre de la Justice

S’adressant directement à la ministre de la Justice, Yassine Fall, le député a dénoncé des déclarations faites en conférence de presse à son sujet, notamment sur son état de santé.

« Je laisse passer parce que vous êtes une femme et, de surcroît, ministre de la République. Je rends grâce à Dieu, je ne suis pas mourant », a-t-il lancé, suscitant murmures et réactions dans l’hémicycle.

Contestation de la procédure

Au-delà de sa défense sur le fond, Farba Ngom a critiqué le calendrier et les modalités de la procédure parlementaire. Selon lui, la demande de levée d’immunité intervient alors que les poursuites judiciaires seraient déjà engagées.

Il est également revenu sur une précédente décision judiciaire, affirmant avoir été maintenu en détention malgré une décision favorable du juge d’instruction. « Mon immunité a été levée, j’ai comparu devant le juge et je suis resté dix mois sans audition. Après l’audition au fond avec mon co-inculpé Tahirou Sarr, le juge a décidé de nous libérer. Tahirou Sarr a été libéré, mais le ministère public a fait appel pour me maintenir en prison », a-t-il soutenu.

Un dossier à forte portée politique

L’élu évoque par ailleurs des accusations antérieures portant sur un supposé détournement de 125 milliards de francs CFA, qu’il rejette catégoriquement. Il affirme que les perquisitions menées à ses domiciles et dans ses exploitations agricoles n’ont donné « absolument rien ».

Conformément aux règles parlementaires, la levée de l’immunité constitue un préalable indispensable à la poursuite ou à la continuation de procédures judiciaires contre un député en exercice. Le vote des parlementaires s’annonce déterminant pour la suite du dossier.

En attendant, la séance du 16 février restera marquée par une image forte : celle d’un député jurant sur le Coran, au cœur d’une bataille judiciaire et politique qui continue d’agiter la scène nationale.

- Advertisement -

commentaires
Loading...