Création africaine : quand le succès mondial ne suffit plus à faire industrie

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SENTV : Par-delà les projecteurs des festivals et l’audience des plateformes numériques, les industries culturelles africaines se heurtent à une réalité persistante : l’absence de structures capables de transformer l’engouement international en valeur économique durable.

Jamais la créativité africaine n’a été aussi visible. De Lagos à Dakar, de Nairobi à Johannesburg, la mode, le cinéma, la musique ou encore les arts numériques du continent s’imposent dans les grands circuits mondiaux. Pourtant, derrière cette reconnaissance croissante, le modèle économique peine à se consolider. Pour une majorité de créateurs, la notoriété reste fragile, souvent dépendante d’un succès ponctuel plus que d’un parcours professionnel structuré.

Une exposition mondiale sans filet économique

Si les plateformes de streaming, les réseaux sociaux et les festivals internationaux ont permis une démocratisation de l’accès à la scène mondiale, ils n’ont pas suffi à bâtir des carrières pérennes. Le déficit se situe ailleurs : formation insuffisante, manque de mentorat, accès limité aux financements et faiblesse des circuits de distribution locaux.

Dans de nombreux pays africains, la réussite artistique repose encore sur l’endurance individuelle plutôt que sur des écosystèmes organisés. Résultat : une fuite de valeur, où les talents émergent localement mais se structurent économiquement ailleurs, privant les territoires d’origine de retombées durables.

Un secteur sous-investi malgré son potentiel économique

Contrairement aux idées reçues, la fragilité des industries culturelles africaines ne tient pas à un déficit de créativité. Elle s’explique surtout par une sous-estimation persistante de leur potentiel économique. Longtemps considérées comme marginales ou relevant du simple mécénat, ces industries peinent à bénéficier de politiques publiques et d’investissements privés comparables à ceux des secteurs technologiques ou industriels.

À l’échelle internationale pourtant, les industries culturelles et créatives figurent parmi les principaux pourvoyeurs d’emplois, notamment pour les jeunes, et constituent un levier reconnu de soft power et de croissance inclusive.

Structurer plutôt que multiplier les initiatives ponctuelles

Le véritable enjeu réside désormais dans la structuration des filières. Passer d’actions événementielles à des dispositifs de long terme devient une priorité stratégique. C’est dans cette logique que s’inscrivent des initiatives panafricaines comme We Champion Talent, portée par Orun en partenariat avec 1xBet.

Ce programme ambitionne de répondre aux failles systémiques du secteur en combinant accompagnement des talents, diplomatie culturelle et accès aux opportunités économiques. L’approche se veut pragmatique : considérer le talent comme un investissement mesurable, inscrit dans le temps, et non comme un pari ponctuel sur la visibilité.

Un choix stratégique pour l’avenir du continent

Pour les acteurs économiques, l’investissement culturel change de statut. Il ne s’agit plus d’un soutien symbolique, mais d’un levier stratégique. « L’excellence créative africaine existe, mais elle a besoin de structures solides pour s’inscrire dans la durée », souligne Khalidou Guissé, Administrateur Général de 1xBet au Sénégal. Un constat d’autant plus crucial dans un contexte de forte pression démographique, où les industries créatives peuvent offrir des perspectives concrètes d’entrepreneuriat et de création de revenus.

Transformer l’attention en valeur locale

L’avenir des industries culturelles africaines dépendra moins de leur capacité à séduire le monde que de leur aptitude à organiser leurs propres écosystèmes. Investir dans les talents n’est plus un acte philanthropique : c’est un choix économique, social et stratégique. Le véritable indicateur de succès sera la capacité du continent à convertir l’attention internationale en valeur durable, ancrée dans ses territoires et profitable à ses jeunesses.

Industries culturelles en Afrique : Passer de la visibilité éphémère à la viabilité structurelle

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