Crise scolaire au Sénégal : l’Intersyndicale radicalise son mouvement face aux « ponctions sauvages » sur les salaires
SENTV : La tension entre le gouvernement et les enseignants s’accentue ce mardi 3 mars 2026, alors que l’Intersyndicale multiplie les actions de protestation contre ce qu’elle qualifie de « ponctions sauvages » sur les salaires. Les sit-in organisés à Mbacké et Kaffrine devant les inspections d’académie ont rassemblé un grand nombre de fonctionnaires du secteur éducatif pour dénoncer des retenues jugées illégales.
Des prélèvements jugés injustifiés
Les syndicats du G7 et du SAEMS dénoncent des ponctions allant de 60 000 à plus de 200 000 FCFA sur les salaires du mois. Ces retenues concernent notamment des rappels d’intégration et d’avancement, que les enseignants estiment avoir été appliqués de manière « arbitraire » et « sans justification ». Certains enseignants en congé de maternité ou de maladie, n’ayant jamais observé la grève, auraient également été affectés par ces prélèvements.
Les syndicats qualifient cette situation de « vol organisé » et dénoncent le non-respect du protocole d’accord de 2022. Les enseignants concernés mettent également en avant les retards dans la correction des pensions et le manque de transparence dans le traitement des dossiers administratifs.
Appel à l’Organisation Internationale du Travail
Face à ce qu’ils considèrent comme une « surimposition sauvage », les représentants syndicaux annoncent leur intention de saisir l’Organisation Internationale du Travail (OIT) afin de dénoncer les dysfonctionnements et demander des mesures correctives.
Les syndicats critiquent par ailleurs les déclarations du Premier ministre, accusé de « diaboliser » le corps enseignant en évoquant des « questions nouvelles » pour masquer les inégalités salariales persistantes.
Un conflit qui s’intensifie
Alors que le cinquième plan d’action est en cours jusqu’à vendredi avec une grève générale, l’Intersyndicale prévoit déjà un sixième plan pour la semaine prochaine. Ce nouveau cycle d’action prévoit des journées « écoles mortes » et le dépôt d’une plainte collective afin d’obtenir le remboursement intégral des sommes prélevées.
Le mouvement démontre la radicalisation progressive du dialogue social dans le secteur éducatif sénégalais, avec un bras de fer de plus en plus marqué entre enseignants et autorités gouvernementales.