SENTV : La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a franchi une nouvelle étape dans le démantèlement d’un réseau présumé spécialisé dans l’acheminement frauduleux de candidats à l’émigration. Deux individus ont été déférés, le 12 février 2026, devant le Procureur de la République près le Pool judiciaire financier pour association de malfaiteurs, escroquerie et complicité de tentative de trafic de migrants par voie aérienne.
Une promesse de visa contre plus de deux millions FCFA
L’enquête a été ouverte le 3 février 2026, à la suite d’une plainte déposée par une victime affirmant avoir versé 2 364 000 FCFA en échange de l’obtention d’un visa Schengen et d’un voyage à destination de la France, avec un transit annoncé par la Côte d’Ivoire.
Selon les éléments du dossier, le plaignant et un autre candidat auraient effectivement quitté le territoire avant d’être abandonnés à leur sort, sans documents valides leur permettant de poursuivre le voyage vers l’Europe.
Un système structuré et hiérarchisé
Les investigations menées par la DNLT ont permis de mettre au jour un mécanisme bien rôdé, articulé autour de plusieurs intervenants.
Le premier mis en cause, interpellé à Thiaroye-sur-Mer, jouait le rôle d’intermédiaire. D’après les enquêteurs, il majorait les frais exigés aux candidats au départ, réclamant jusqu’à 4,5 millions FCFA alors que les organisateurs basés à l’étranger en demandaient 3,5 millions. La différence constituait, selon l’enquête, une commission occulte.
Le second suspect, un commissaire-priseur arrêté à Saint-Louis, servait de garant financier. Fort de sa qualité professionnelle, il rassurait les victimes en réceptionnant les fonds, principalement via mobile money. Il a reconnu avoir encaissé plus de 2,7 millions FCFA, tout en soutenant avoir lui-même été trompé par des complices installés au Bénin.
Nouvelles révélations et pièces accablantes
Une seconde partie civile s’est constituée, déclarant avoir remis 8 000 000 FCFA au commissaire-priseur pour financer le voyage de deux membres de sa famille.
Pour sa défense, ce dernier a invoqué de prétendues « manœuvres mystiques » et nié avoir agi en utilisant son titre professionnel. Toutefois, les enquêteurs affirment disposer de décharges signées et revêtues de son cachet officiel, éléments matériels considérés comme déterminants dans la sécurisation des transactions incriminées.
L’enquête se poursuit
Les deux mis en cause ont été présentés au parquet financier, juridiction compétente en matière d’infractions économiques et financières. Les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuelles autres victimes et de localiser les complices présumés à l’étranger.
La Police nationale rappelle que toute information relative à des faits similaires peut être signalée gratuitement au 800 00 17 00, numéro vert mis à la disposition du public dans le cadre de la lutte contre la criminalité organisée et le trafic de migrants.

