Grand Yoff : Première saisie de carfentanil au Sénégal, une drogue 10 000 fois plus puissante que la morphine

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SENTV : Une opération de routine s’est transformée en découverte majeure pour les services de sécurité. Dans la nuit du 26 au 27 février 2026, le Commissariat d’arrondissement de Grand Yoff a interpellé un individu en possession de comprimés contenant du carfentanil, un opioïde synthétique d’une puissance exceptionnelle. Il s’agit de la première détection officielle de cette substance sur le territoire sénégalais.

Une interpellation au quartier Khar Yalla

Les faits se sont déroulés dans le quartier de Khar Yalla, à Grand Yoff. Les policiers ont procédé au contrôle d’un homme circulant à moto. La fouille corporelle a permis la découverte, dans l’une de ses poches, d’un sachet rouge renfermant seize comprimés blancs.

Selon les premiers éléments de l’enquête, le suspect aurait déclaré avoir acquis ces comprimés au niveau des HLM Rail-Bi auprès d’un vendeur de médicaments de rue rencontré fortuitement. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs et détention de substances psychotropes en vue de trafic.

Expertise scientifique formelle

Conformément aux procédures en vigueur, les comprimés ont été placés sous scellés puis transmis à la Division de la Police Technique et Scientifique (DPTS) pour analyse.

Le rapport du Laboratoire National d’Analyse des Drogues (LNAD) est sans équivoque : il s’agit de carfentanil, également connu sous le nom scientifique de 4-carbométhoxyfentanyl. Les autorités confirment qu’il s’agit de la première identification officielle de cette molécule au Sénégal.

Un opioïde d’une dangerosité extrême

Le carfentanil est un opioïde synthétique dérivé du fentanyl. Développé dans les années 1970, il est principalement utilisé en médecine vétérinaire pour la sédation d’animaux de très grande taille tels que les éléphants ou les rhinocéros.

Sur le plan pharmacologique, sa puissance est estimée à environ 100 fois celle du fentanyl et près de 10 000 fois celle de la morphine. À titre de comparaison, quelques microgrammes peuvent suffire à provoquer une dépression respiratoire fatale chez l’être humain.

Dans plusieurs pays, notamment en Amérique du Nord, cette substance a été impliquée dans des vagues de surdoses mortelles, souvent en raison de son mélange avec d’autres drogues à l’insu des consommateurs. Elle ne dispose d’aucun usage médical autorisé chez l’homme.

Enquête élargie et coopération avec l’OCRTIS

Le mis en cause est actuellement placé en garde à vue. L’enquête se poursuit en coordination avec l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS), qui cherche à identifier les fournisseurs et à démanteler un éventuel réseau de distribution.

Cette saisie marque un tournant préoccupant dans l’évolution des drogues circulant sur le territoire national, avec l’apparition de substances de synthèse à très haute létalité.

Appel à la vigilance

Face à la gravité du risque sanitaire, les autorités appellent la population à la plus grande vigilance. Toute information susceptible d’aider les enquêteurs peut être transmise gratuitement au numéro vert 800 00 17 00.

La Police nationale réaffirme sa mobilisation dans la lutte contre le trafic de stupéfiants et assure poursuivre ses opérations de surveillance et de démantèlement des réseaux.

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