Ponctions sur les salaires des enseignants au Sénégal : les syndicats saisissent le Bureau international du travail
SENTV : La tension persiste dans le secteur de l’éducation au Sénégal. Les principales organisations syndicales d’enseignants ont annoncé, vendredi 13 mars, leur décision de porter plainte contre l’État sénégalais auprès du Bureau international du travail (BIT), dénonçant des retenues salariales qu’elles jugent illégales après plusieurs mouvements de grève.
Réunis au sein du G7, un cadre qui regroupe les principales plateformes syndicales de l’enseignement, les responsables syndicaux accusent le gouvernement d’avoir procédé à des ponctions « illégales, disproportionnées et arbitraires » sur les salaires d’enseignants ayant participé aux arrêts de travail observés fin février.
Lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, le porte-parole des grévistes, Amédou Diédiou, a déclaré que les syndicats considèrent ces mesures comme une atteinte aux droits des travailleurs. Selon lui, la plainte envisagée vise à dénoncer « une violation flagrante de la Convention 95 de l’Organisation internationale du travail relative à la protection des salaires ».
Pour les organisations syndicales, ces retenues traduisent également une dégradation du climat social dans le secteur éducatif. « Le dialogue semble aujourd’hui être délaissé au profit de la confrontation », ont-ils regretté, tout en annonçant la poursuite de leur sixième plan d’action.
Ce mouvement de protestation se traduit notamment par le boycott des évaluations pédagogiques et par une grève totale observée ce vendredi 13 mars dans plusieurs établissements scolaires du pays.
Les syndicats appellent par ailleurs le gouvernement à reprendre les discussions afin de trouver une issue durable à la crise. Parmi leurs principales revendications figurent la finalisation des travaux du comité technique bipartite chargé d’examiner les points de désaccord, l’implication des plus hautes autorités de l’État dans les négociations et la tenue d’une réunion de suivi conformément aux dispositions de l’article 6 du protocole d’accord signé le 30 avril 2018 entre le gouvernement et les syndicats.
De son côté, le ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, a défendu la position de l’exécutif. Il rappelle que si le droit de grève est garanti aux travailleurs, l’arrêt de travail entraîne également la suspension de la rémunération correspondante. Le gouvernement, affirme-t-il, reste néanmoins ouvert à la concertation et appelle l’ensemble des acteurs à privilégier le dialogue afin d’aboutir à des compromis durables.
Alors que les tensions persistent, l’évolution des discussions entre les syndicats et les autorités sera déterminante pour l’avenir du système éducatif sénégalais, déjà confronté à plusieurs perturbations ces derniers mois.