Ziguinchor : quatre personnes déférées dans une affaire présumée d’escroquerie et de fraude aux documents administratifs
SENTV : Une enquête menée par l’antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) de Ziguinchor a abouti au défèrement de quatre personnes soupçonnées d’être impliquées dans un dossier mêlant escroquerie présumée, faux documents administratifs et obtention irrégulière de pièces d’identité sénégalaises.
L’affaire a été déclenchée à la suite d’une plainte déposée par une gérante de multiservices exerçant au quai de pêche de Ziguinchor. Cette dernière affirme avoir été victime d’un système frauduleux qui lui aurait occasionné un préjudice financier estimé à plus de 43 millions de francs CFA.
Selon les éléments recueillis au cours des investigations, deux hommes identifiés par les initiales M.A. et O.B. auraient progressivement gagné la confiance de la plaignante en lui présentant plusieurs projets d’investissement supposés générer d’importants bénéfices. Sous prétexte de frais administratifs, de déblocages de fonds et d’opérations financières présentées comme lucratives, ils lui auraient demandé à plusieurs reprises des versements d’argent.
Les enquêteurs estiment que la victime a déboursé au total 43 349 500 francs CFA. Les rendements financiers promis n’auraient toutefois jamais été obtenus, conduisant à l’ouverture d’une enquête approfondie.
Au-delà du volet financier, les investigations ont révélé l’existence présumée d’un système de fraude documentaire. L’un des principaux mis en cause, présenté comme de nationalité ghanéenne, aurait obtenu une identité sénégalaise sous une autre appellation grâce à un acte de naissance dont les conditions d’établissement sont aujourd’hui contestées.
Les recherches menées par les enquêteurs les ont conduits à la mairie de Bignona, où un agent de l’état civil, identifié sous les initiales F.C., a été entendu dans le cadre de la procédure. D’après les conclusions de l’enquête, celui-ci aurait reconnu avoir intégré l’acte litigieux dans un registre de naissance datant de 1980. L’examen technique du document aurait par ailleurs révélé plusieurs irrégularités susceptibles d’accréditer la thèse d’une insertion postérieure.
Selon les enquêteurs, ce document aurait servi à l’obtention de plusieurs pièces administratives sénégalaises, notamment une carte nationale d’identité, un passeport et un permis de conduire. L’analyse de données téléphoniques et financières aurait également permis d’établir des liens entre plusieurs protagonistes impliqués dans le dossier.
Un quatrième suspect, identifié sous les initiales C.O.D., est également poursuivi dans cette affaire. Il lui est reproché d’avoir délivré une attestation de résidence en faveur du principal mis en cause, affirmant que celui-ci vivait à Bignona depuis sa naissance, sans disposer, selon les enquêteurs, des éléments justificatifs nécessaires.
À l’issue de leur garde à vue, les quatre personnes ont été déférées devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Ziguinchor. Elles sont notamment visées pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écritures publiques, complicité et obtention indue de documents administratifs.
L’information judiciaire suit désormais son cours. À ce stade de la procédure, les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à ce qu’une décision de justice définitive intervienne.