Mendicité et présence étrangère : Jël Liñu Moom réclame une réponse axée sur le contrôle et le rapatriement
Pour la formation politique, cependant, le démantèlement des installations identifiées ne saurait constituer une réponse suffisante. Elle demande au gouvernement de privilégier une approche plus globale, fondée sur l’identification des personnes concernées, le contrôle de leur situation administrative et, lorsque les conditions légales sont réunies, leur retour vers leur pays d’origine par la voie diplomatique.
Le parti cible les réseaux d’exploitation
Dans son communiqué, Jël Liñu Moom élargit également son propos à la lutte contre les réseaux qu’il accuse de tirer profit de la mendicité organisée, du racolage, de la prostitution, de la traite et de l’exploitation des personnes.
Le parti estime que les autorités doivent renforcer les actions contre ces réseaux et assurer la protection des personnes vulnérables susceptibles d’en être victimes.
Cette prise de position s’inscrit dans la ligne défendue depuis plusieurs années par Tahirou Sarr sur la question du contrôle de la présence étrangère au Sénégal. Le leader des Nationalistes avait notamment défendu, lors de la Déclaration de politique générale du Premier ministre en décembre 2024, l’instauration de cartes de séjour pour certains étrangers.
La CEDEAO également dans le viseur
Jël Liñu Moom met par ailleurs en cause les mécanismes de libre circulation au sein de la CEDEAO. Le parti estime que la libre circulation ne doit pas être assimilée à une installation sans contrôle et appelle à une révision des mécanismes communautaires.
L’objectif affiché est de parvenir, selon la formation politique, à un équilibre entre intégration régionale, respect des souverainetés nationales et application des législations de chaque État.
Le parti insiste toutefois sur le fait que sa démarche ne vise pas les peuples étrangers en tant que tels. Il affirme vouloir défendre une politique de contrôle de l’immigration et d’application des règles sur le territoire sénégalais.
Une position qui intervient dans un débat sensible
Cette sortie intervient dans un contexte où la question de la présence étrangère au Sénégal fait régulièrement l’objet de débats politiques. Les données officielles du recensement de 2023 montrent toutefois que les étrangers représentent environ 1,1 % de la population résidente, soit 207 791 personnes sur 18,1 millions d’habitants.
Dans ce contexte, le débat sur la mendicité, l’immigration et le contrôle du territoire demeure particulièrement sensible. Jël Liñu Moom entend, pour sa part, pousser le gouvernement à renforcer les mécanismes de contrôle et à privilégier une politique qu’il présente comme fondée sur la maîtrise du territoire et l’application de la loi.
La formation nationaliste réclame ainsi un passage d’opérations ponctuelles à une stratégie plus structurée, articulée autour du contrôle administratif, de la lutte contre les réseaux d’exploitation et du traitement, dans le respect du cadre légal, des situations irrégulières.
