Diphtérie au Sénégal : les 5-14 ans au cœur de la progression des cas
SENTV : L’épidémie de diphtérie continue de mobiliser les autorités sanitaires sénégalaises. D’après le deuxième rapport de situation (SITREP) de la riposte, daté du 21 septembre 2026, les enfants âgés de 5 à moins de 15 ans constituent le groupe d’âge le plus touché, avec 62 cas, soit 54,4 % des infections recensées.
Selon les données communiquées par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, 114 cas avaient été enregistrés au niveau national au 21 septembre. Les personnes âgées de 15 ans et plus représentent, pour leur part, 28,1 % des cas, soit 32 personnes.
Le profil des patients fait apparaître un âge médian de 10 ans, avec des cas allant d’un enfant âgé d’un an à une personne de 58 ans.
Kédougou demeure le principal foyer
La région de Kédougou, dans l’est du pays, concentre à elle seule 33 cas, soit 28,9 % du total national. La résurgence de cette maladie intervient après plus de deux décennies d’accalmie au Sénégal.
Interrogé par l’APS, le gestionnaire de l’incident diphtérie au ministère de la Santé, Dr Jean-Pierre Diallo, a souligné la vulnérabilité particulière des enfants non vaccinés ou ayant reçu une vaccination incomplète.
Le spécialiste relève notamment une progression des cas chez les enfants en âge scolaire. Les enfants dits « zéro dose », ainsi que ceux dont le schéma vaccinal n’a pas été complété, figurent parmi les principales populations exposées.
À Kédougou, le premier signal ayant alerté les autorités sanitaires aurait été une série de décès d’enfants de moins de cinq ans enregistrés à l’hôpital régional Amath Dansokho.
Les zones rurales et frontalières particulièrement exposées
Pour Dr Jean-Pierre Diallo, les chiffres de couverture vaccinale à l’échelle nationale peuvent masquer des disparités importantes selon les zones géographiques.
« La couverture vaccinale nationale est bonne, mais la moyenne cache des poches d’enfants non ou mal vaccinés, surtout dans les zones rurales et frontalières », explique-t-il.
L’identification des enfants n’ayant reçu aucune dose de vaccin ou insuffisamment vaccinés reste toutefois difficile, notamment dans les localités enclavées.
Les données du deuxième SITREP font état d’une situation préoccupante : 67,9 % des enfants âgés de 15 mois à 15 ans ont un statut vaccinal inconnu ou ne sont pas vaccinés, tandis que 24,7 % ont reçu au moins trois doses d’un vaccin contenant l’anatoxine diphtérique.
Une maladie évitable par la vaccination
La diphtérie est une infection bactérienne transmissible notamment par les gouttelettes respiratoires émises lors de la toux ou des éternuements, mais aussi par contact direct. Elle peut provoquer des symptômes tels que des maux de gorge, de la fièvre, des difficultés à avaler, un enrouement ou encore un gonflement du cou.
La vaccination demeure le principal moyen de prévention.
Depuis le 1er juillet 2025, le Sénégal a introduit le vaccin hexavalent dans son Programme élargi de vaccination (PEV). Celui-ci a remplacé les vaccins pentavalent et antipoliomyélitique inactivé jusque-là administrés séparément.
Le vaccin hexavalent protège contre six maladies : diphtérie, tétanos, coqueluche, hépatite B, infections à Haemophilus influenzae de type B (Hib) et poliomyélite.
Alors que l’épidémie touche désormais des enfants d’âge scolaire, les autorités sanitaires mettent ainsi l’accent sur la recherche des enfants insuffisamment vaccinés et le renforcement de la riposte, particulièrement dans les zones où la couverture vaccinale demeure inégale.