SENTV : Le président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, a accordé une grâce présidentielle à neuf détenus condamnés dans des affaires liées à l’extrémisme violent et au terrorisme. La mesure, annoncée vendredi, concerne huit hommes et une femme qui retrouvent la liberté après plusieurs années de détention.
Cette décision intervient quelques jours après la publication d’un manifeste de repentir signé par quatorze prisonniers salafistes. Dans ce document, les signataires renoncent publiquement à la violence, s’engagent à respecter la sécurité des personnes et des biens et présentent leurs excuses pour les actes commis par le passé.
Parmi les bénéficiaires de cette grâce figurent notamment des personnes impliquées dans l’attentat d’Aleg de décembre 2007, une attaque qui avait coûté la vie à quatre touristes français et marqué durablement l’actualité sécuritaire de la Mauritanie.
Les autorités mauritaniennes présentent cette mesure comme le résultat d’un processus de dialogue et de réinsertion engagé depuis plusieurs années dans les établissements pénitentiaires. Ce programme repose sur des échanges réguliers entre des oulémas et des détenus condamnés pour des faits de terrorisme, avec pour objectif de déconstruire les discours extrémistes et de favoriser leur réintégration sociale.
Selon les recommandations formulées par la commission des oulémas chargée de ce programme, seuls les détenus dont le repentir a été jugé sincère et suffisamment établi ont été retenus pour bénéficier de cette mesure de clémence.
Tous les signataires du manifeste n’ont cependant pas été concernés par cette grâce présidentielle. Cinq détenus demeurent incarcérés, parmi lesquels figurent certaines des principales figures du jihadisme mauritanien. Les autorités estiment que leur profil présente encore des risques en matière de sécurité nationale.
À travers cette décision, Nouakchott poursuit sa stratégie de lutte contre l’extrémisme, combinant fermeté sécuritaire et programmes de déradicalisation destinés à prévenir la récidive et à favoriser le retour à la vie civile des détenus jugés réhabilités.