Affaire d’offense au Chef de l’État : les trois militants pro-Pastef livrent leur version devant les enquêteurs

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SENTV : Les trois militants proches de Pastef poursuivis pour offense au Chef de l’État ont été placés sous mandat de dépôt et comparaîtront lundi prochain devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Leur dossier fait suite à une autosaisine du parquet après la diffusion de plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux.

Interpellés par les éléments de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) dans les locaux de leur employeur, Feeñal Digital, Mandoumbé Diop, alias « Lamignou Darou » (36 ans), Moustapha Ndiaye, dit « Ndiaye Touba » (35 ans), et Maguèye Diaw, surnommé « Oustaz Thieb » (38 ans), ont été entendus avant leur déferrement au parquet.

« Une plaisanterie entre amis », selon « Lamignou Darou »

Au cours de son audition, Mandoumbé Diop a reconnu être l’auteur de l’une des vidéos au centre de l’enquête. Il a toutefois soutenu que ses déclarations ne visaient aucune personne en particulier.

Selon ses explications, les propos incriminés auraient été tenus dans un contexte de discussion informelle entre amis. Il affirme n’avoir jamais cité le nom du Président de la République dans cette première séquence.

Moustapha Ndiaye évoque un débat sur la « trahison »

De son côté, Moustapha Ndiaye a expliqué que la vidéo avait été enregistrée à proximité de la préfecture de Mbacké, lors d’un échange portant sur le thème de la « trahison ».

Face aux enquêteurs, il a assuré que les propos prononcés relevaient d’une réflexion générale et ne faisaient référence à aucune personnalité. Revenant sur la phrase en wolof « Yaw mi niu wor yaw laa gni waxal… », il a déclaré qu’elle désignait toute personne qui, selon lui, trahirait les intérêts du peuple sénégalais, sans cibler le Chef de l’État.

Les commentaires sur les réseaux sociaux également évoqués

Les enquêteurs se sont également intéressés aux réactions suscitées par la publication des vidéos.

Interrogé sur les commentaires jugés offensants envers le Président de la République, Mandoumbé Diop a estimé que leurs auteurs devraient répondre personnellement de leurs publications devant la justice. Moustapha Ndiaye, quant à lui, a préféré ne pas se prononcer sur cette question. Maguèye Diaw a, pour sa part, réaffirmé que les vidéos ne visaient aucune personne identifiée, encore moins le Chef de l’État.

Une deuxième vidéo au cœur du dossier

Les investigations portent également sur une seconde vidéo dans laquelle Mandoumbé Diop apparaît avec une photo du Président de la République, qu’il qualifie notamment de « pitoyable » et à qui il souhaite l’échec de ses projets.

Devant les enquêteurs, l’intéressé a reconnu être l’auteur de cette publication. Il a expliqué avoir voulu défendre le leader de Pastef, Ousmane Sonko, dans le contexte du débat politique national. Il admet avoir utilisé l’image du Président, tout en soutenant que ses déclarations ne constituaient pas, selon lui, une attaque dirigée contre sa personne.

Placés sous mandat de dépôt, les trois prévenus devront répondre des faits qui leur sont reprochés devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Leur procès est attendu lundi, où la justice examinera les circonstances de cette affaire qui suscite de nombreuses réactions sur la scène politique sénégalaise.

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