Drogue et jeunesse au Sénégal : une menace qui gagne du terrain, entre trafic et prévention

0

SENTV : Le phénomène des drogues constitue un défi croissant pour le Sénégal, avec des enjeux qui dépassent désormais la seule question sécuritaire. La circulation de cannabis, de cocaïne et d’autres substances illicites pose également un problème de santé publique, particulièrement pour la jeunesse, que les autorités veulent davantage protéger contre les addictions.

Les récentes opérations des forces de sécurité illustrent l’ampleur des réseaux qui alimentent le marché clandestin. En juin 2026, les Douanes sénégalaises ont annoncé une saisie record de 970,6 kilogrammes de cocaïne sur l’axe Koumpentoum-Koungheul. La drogue, répartie en 844 plaquettes, était dissimulée dans un camion en provenance d’un pays limitrophe.

Quelques mois auparavant, les services douaniers avaient également intercepté d’importantes quantités de stupéfiants. En septembre 2025, 272,25 kg de cocaïne avaient notamment été saisis à Kalifourou, tandis que 28,97 kg de haschich ont été interceptés à l’Aéroport international Blaise-Diagne en février 2026.

Une jeunesse particulièrement exposée

Derrière les chiffres des saisies se pose une autre question : celle de la consommation et de ses conséquences sur les jeunes. L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) souligne, dans ses travaux sur les usages de drogues, l’importance de disposer de données spécifiques sur la consommation chez les jeunes et de renforcer les dispositifs de prévention et de prise en charge.

Au Sénégal, les pouvoirs publics reconnaissent désormais que la lutte contre les addictions ne peut pas reposer uniquement sur les arrestations et les saisies. La prévention, l’accompagnement médical et la réinsertion doivent également occuper une place centrale.

Le pari de la prévention

Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a récemment réaffirmé cette orientation lors d’une Semaine nationale de sensibilisation et de mobilisation contre l’abus et le trafic illicite de drogues. Les autorités y ont présenté la problématique comme un enjeu à la fois de santé publique, de cohésion sociale et de sécurité, avec un accent particulier sur la protection des jeunes.

Cette approche implique plusieurs acteurs : services de santé, forces de défense et de sécurité, collectivités territoriales, établissements scolaires, familles et organisations communautaires. L’objectif est d’intervenir le plus tôt possible face aux conduites addictives et de faciliter l’accès aux soins pour les personnes concernées.

Face au trafic, les autorités renforcent le dispositif

Sur le front sécuritaire, les saisies successives témoignent d’un renforcement des moyens de lutte contre la criminalité transnationale organisée. En 2025, les Douanes avaient notamment procédé à l’incinération de 2 605,16 kg de cocaïne saisis en 2024 sur l’ensemble du territoire, pour une contrevaleur annoncée de plus de 208 milliards de francs CFA.

Mais au-delà des quantités interceptées, l’enjeu reste celui de la réduction de la demande et de la protection des populations vulnérables. Pour la jeunesse sénégalaise, la bataille contre la drogue se joue donc aussi dans les quartiers, les écoles, les familles et les structures de prise en charge.

Entre répression du trafic, prévention et accompagnement des personnes dépendantes, le Sénégal fait face à un défi multidimensionnel. Une réponse durable devra nécessairement combiner action sécuritaire, éducation, sensibilisation et accès aux soins.

- Advertisement -

commentaires
Loading...