SENTV : Les perturbations dans la fourniture d’électricité se poursuivent dans plusieurs zones du Sénégal. Entre hausse de la demande, incidents techniques et difficultés d’approvisionnement en combustible, la Senelec fait face à une période particulièrement délicate sur son réseau.
Les coupures de courant font de nouveau partie du quotidien de nombreux Sénégalais. Depuis le début du mois de septembre 2026, plusieurs quartiers de Dakar et certaines localités du pays connaissent des interruptions de fourniture, parfois au-delà des coupures liées aux opérations de maintenance annoncées par la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec).
Une consommation qui dépasse les prévisions
Parmi les principaux facteurs avancés par la Senelec figure l’évolution rapide de la demande. Selon les explications fournies par Abdou Kader Kane, directeur principal Réseaux de la société, la consommation électrique a atteint environ 1 400 mégawatts en août, alors que les prévisions retenaient un pic de l’ordre de 1 250 MW.
Cet écart de quelque 150 MW a réduit les marges disponibles sur le réseau et rendu celui-ci plus vulnérable lorsqu’une unité de production rencontre un problème technique.
Plusieurs incidents ont fragilisé la production
La situation a également été aggravée par différents incidents affectant des unités importantes du parc de production.
La centrale de Cap des Biches, notamment, a connu un arrêt les 6 et 7 septembre, avec une perte de production annoncée à environ 240 MW. La Senelec a également évoqué des difficultés d’approvisionnement en gasoil nécessaires au fonctionnement de certaines installations.
À cela se sont ajoutées des perturbations techniques concernant d’autres installations, dont la centrale de Bel-Air. La combinaison de ces indisponibilités avec une demande élevée a pesé sur l’équilibre entre l’offre et la consommation.
Toutes les interruptions ne répondent toutefois pas au même phénomène.
La Senelec programme régulièrement des travaux d’entretien, de renforcement et d’amélioration du réseau. Pour la période du 21 au 27 septembre 2026, des interventions ont notamment été annoncées dans plusieurs secteurs de Dakar et de sa banlieue, avec des interruptions pouvant intervenir principalement en journée.
Ces opérations de maintenance doivent donc être distinguées des délestages provoqués par un déséquilibre entre la capacité disponible et la demande.
La Senelec promet une stabilisation progressive
Face aux perturbations, la direction de la Senelec affirme travailler avec les acteurs de la chaîne d’approvisionnement en carburant, notamment les opérateurs pétroliers et la Société africaine de raffinage (SAR). La société assure également que les autorités avaient été alertées sur les besoins d’approvisionnement.
Le directeur général, Pape Toby Gaye, a de son côté expliqué que les difficultés actuelles résultaient de la combinaison de plusieurs incidents techniques, de contraintes d’approvisionnement en combustible et de tensions sur la trésorerie. Il a indiqué que la société tablait sur un retour progressif à une situation normale.
Les ménages et les entreprises directement impactés
Au-delà des explications techniques, les interruptions de courant affectent directement les activités économiques et le quotidien des populations. Commerces, ateliers, services, petites entreprises et ménages doivent composer avec des interruptions qui peuvent perturber la conservation des produits, l’utilisation des équipements électriques ou encore les horaires de travail.
La question de la stabilité de l’approvisionnement électrique reste ainsi au cœur des préoccupations, alors que le Sénégal cherche parallèlement à renforcer sa production et à réduire sa dépendance aux combustibles importés. Le gouvernement mise notamment sur l’utilisation accrue du gaz produit localement et sur le développement des énergies renouvelables pour réduire à terme les coûts du système électrique.