Dette intérieure : 300 milliards FCFA annoncés pour solder les arriérés envers les entreprises avant fin 2026

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SENTV : Le gouvernement sénégalais veut accélérer l’apurement de sa dette intérieure tout en sécurisant les financements nécessaires à l’achèvement de l’accès universel à l’électricité. À l’ouverture de la Table ronde des partenaires consacrée à l’électrification, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a annoncé la mobilisation de 300 milliards de francs CFA d’ici à la fin de 2026 pour régler une partie des sommes dues aux entreprises.

Le Sénégal entend désormais placer la question de la soutenabilité de la dette au cœur de sa politique d’investissement. Prenant la parole lors de la Table ronde des partenaires pour l’accès universel à l’électricité, Cheikh Diba a présenté le Plan de Traitement de la Dette (PTD) comme l’un des principaux instruments du redressement des finances publiques.

Selon le ministre, ce dispositif doit permettre de ramener progressivement le service de la dette à un niveau jugé soutenable et de restaurer des marges de manœuvre budgétaires pour financer les priorités nationales, notamment dans le secteur de l’énergie.

Parmi les annonces majeures, le gouvernement prévoit de mobiliser 300 milliards de francs CFA avant la fin de l’année 2026 afin d’apurer les sommes dues aux entreprises.

Cette opération vise à améliorer la trésorerie des opérateurs économiques et à rétablir un climat de confiance entre l’État et le secteur privé. Une attention particulière est accordée aux entreprises intervenant dans le domaine énergétique, qui avaient déjà bénéficié d’un traitement favorable dans le cadre de la Loi de finances rectificative 2025.

Pour l’exécutif, le règlement de ces arriérés constitue également un levier pour permettre aux entreprises de poursuivre leurs activités et d’accompagner les investissements nécessaires à l’extension du réseau électrique.

Cette stratégie d’assainissement financier intervient alors que Dakar s’est engagé dans un nouveau cadre de coopération avec le Fonds monétaire international (FMI).

Un accord au niveau des services du FMI a été conclu le 1er septembre 2026 pour un programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). L’enveloppe annoncée s’élève à environ 2,2 milliards de dollars, soit plus de 1 244 milliards de francs CFA. Cet accord doit toutefois encore être soumis à l’approbation du Conseil d’administration du Fonds.

Le programme repose notamment sur le renforcement de la mobilisation des recettes intérieures, une meilleure maîtrise des dépenses publiques et une réforme progressive des subventions énergétiques afin de mieux cibler les ménages vulnérables.

Le gouvernement met également en avant les premiers résultats de son effort de redressement budgétaire. Le déficit, selon les chiffres présentés par le ministre, serait passé de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % en 2025.

Devant les partenaires techniques et financiers, Cheikh Diba a appelé à une nouvelle approche dans le financement des infrastructures électriques.

Le ministre souhaite que les futurs engagements soient « soutenables, exécutables et cohérents » avec le programme conclu avec le FMI et le Plan de Traitement de la Dette. Il a notamment relevé la place importante occupée par les banques commerciales dans le financement du secteur électrique depuis 2018.

L’objectif affiché est désormais de favoriser davantage les dons, les prêts hautement concessionnels et les mécanismes de financement mixte, considérés comme moins contraignants pour les finances publiques.

Les autorités entendent ainsi privilégier les projets présentant une forte rentabilité économique et un impact social important, tout en limitant leur effet sur l’endettement du pays.

Plus de 6 400 localités encore à électrifier

Cette prudence financière intervient alors que le Sénégal doit encore mobiliser des ressources importantes pour atteindre l’objectif d’accès universel à l’électricité.

La Stratégie d’Achèvement de l’Accès Universel à l’Électricité estime à environ 400 milliards de francs CFA les besoins nécessaires pour raccorder plus de 6 400 localités, notamment les zones les plus éloignées et les plus coûteuses à desservir.

Le taux d’accès à l’électricité était évalué à 86,2 % en 2024. Depuis 2018, le Sénégal a par ailleurs signé 18 conventions de financement, représentant plus de 670 milliards de francs CFA pour le développement du secteur.

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