Affaire des villas du Point E : Serigne Bassirou Guèye conteste les déclarations de Yaya Abdoul Kane
SENTV : Au cœur de la controverse autour de l’attribution d’un logement au Point E, l’ancien procureur de la République de Dakar, Serigne Bassirou Guèye, sort de son silence. Tout en réservant ses explications détaillées sur le fond, il dénonce des « fausses déclarations » qu’il attribue à Yaya Abdoul Kane lors de son audition devant une commission d’enquête parlementaire.
L’affaire des villas du Point E connaît un nouveau développement. Après les déclarations de Yaya Abdoul Kane devant les parlementaires au sujet du logement occupé par Serigne Bassirou Guèye, l’ancien procureur de Dakar a tenu à faire entendre sa version des faits.
Selon L’Observateur, le magistrat conteste le récit présenté devant la commission parlementaire. Il estime que les propos de l’ancien responsable du Patrimoine bâti de l’État sont inexacts. Pour l’heure, il n’a pas souhaité livrer publiquement l’ensemble de ses arguments sur le fond du dossier.
Une procédure qui remonterait à avant l’arrivée de Macky Sall
D’après les explications rapportées par le journal, les démarches relatives au bail du logement controversé auraient été engagées avant l’accession de Macky Sall à la présidence de la République.
Serigne Bassirou Guèye aurait occupé un logement administratif au Point E entre 2005 et 2012. En raison de l’état de dégradation de cette habitation, le Patrimoine bâti de l’État lui aurait proposé un autre logement, situé à proximité du palais présidentiel, qu’il aurait occupé jusqu’en 2021.
À cette période, la récupération de la maison pour permettre l’extension des bureaux du gouverneur du palais aurait conduit à la recherche d’une nouvelle solution de relogement. Deux options auraient alors été proposées au magistrat : une maison à Mermoz et une autre au Point E. Il aurait choisi cette dernière, alors occupée par un commerçant guinéen qui y entreposait des denrées alimentaires.
Toujours selon cette version, Serigne Bassirou Guèye aurait financé des travaux sur le bien avant d’entreprendre les démarches nécessaires à l’obtention d’un bail.
Le rôle de Yaya Abdoul Kane au centre du dossier
Le traitement administratif du dossier constitue un autre point de divergence. Yaya Abdoul Kane, alors à la tête du Patrimoine bâti de l’État, aurait contribué à accélérer une procédure qui tardait à aboutir.
Le document aurait ensuite été transmis à la présidence de la République pour approbation, avant son inscription au livre foncier. Face aux délais de validation, l’ancien procureur aurait adressé un courrier à Macky Sall pour exposer sa situation. Le bail aurait finalement été approuvé et enregistré.
Ces éléments correspondent à la version rapportée par le journal et restent à confronter aux déclarations faites devant la commission parlementaire ainsi qu’aux documents administratifs du dossier.
L’affaire porte également sur le montant de 100 000 FCFA évoqué dans le débat public. Selon les explications attribuées à l’entourage du magistrat, cette somme correspondrait à une indemnité de logement prélevée sur son salaire, et non au loyer actuel de la maison.
Serigne Bassirou Guèye occuperait aujourd’hui le bien dans le cadre d’un contrat de location de 1,5 million de FCFA par mois. Ce montant serait, selon la même version, conforme aux tarifs appliqués dans des situations comparables.
Après l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye, la Société de gestion du patrimoine bâti de l’État (Sogepa) aurait demandé au magistrat de libérer les lieux. Une démarche qu’il aurait contestée en adressant un courrier au chef de l’État pour présenter ses arguments.
Au-delà du statut juridique du logement et des conditions de son attribution, la polémique porte désormais sur la véracité des déclarations faites devant les parlementaires. Serigne Bassirou Guèye maintient que Yaya Abdoul Kane aurait tenu de fausses déclarations lors de son audition.
Reste à savoir si l’ancien procureur décidera d’engager une démarche judiciaire à la suite de ces propos. À ce stade, aucune action en justice de sa part n’est établie dans les éléments rapportés.
L’évolution de cette affaire dépendra notamment des explications des différentes parties et de l’examen des pièces administratives relatives au bail, à son approbation et aux conditions d’occupation du logement.