A l’origine du mal Casamançais (Soumaila MANGA)*

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SENTV : Les Casamançais sont la seule et unique communauté du Sénégal à ne pas accorder leurs violons sur des principes de base qui les protégeraient ensemble de ces vipères de la République. Tant que les offenses venaient de personnes ordinaires, ignorantes, malveillantes dès fois, parfois malintentionnées, cela pouvait se régler de la manière la plus ordinaire.

Mais que des sommités de notre République utilisent la question de la rébellion pour la transposer honteusement dans le champ politique, dès cet instant, nous pensons que le Rubicond est franchis et doit faire l’objet d’une indignation générale pour que des sanctions soient prises. Si de vrais Casamançais étaient dans le parti au pouvoir à la place de ces ‹‹ Casamanqués ›› et ‹‹ Casacomplexés ››, ils seraient les premiers à se démarquer de cette ‹‹ rébellisation ›› du discours politique même si nous savons que cela est une commande politique de Macky Sall, himself.

Malheureusement, ils accepteront avec indignité que des leurs soient insultés, stigmatisés, offensés, maltraités parce qu’ils bénéficient d’une part du gâteau.

Tout bon Casamançais connaît à quel point les populations ont souffert le martyre depuis 41 ans avec des dénonciations gratuites suivies de l’application d’une justice expéditive, des vols de bétails, des viols, des offenses, des pertes de biens et de vies humaines…

Comment peut-on aujourd’hui accepter, malgré tous ces maux, que des personnes se servent de cette rébellion pour combattre politiquement un adversaire politique sur des bases vraiment fallacieuses ?

C’est malheureux de constater que les vieilles méthodes des années 80 et 90 sont, à nouveau, recourues par le pouvoir. Durant ces années, les services de l’État encourageaient la dénonciation et certains se trouvaient à faire des règlements de compte. Ce qui a conduit de nombreux pères de famille en prison, certains torturés et d’autres éliminés.

C’est pour simplement dire que le Casamançais a dénoncé un autre Casamançais pour se faire emprisonner, torturer ou tuer. Aujourd’hui encore, le frère casamançais est en train de regarder son frère casamançais être accusé fallacieusement de rebelle sans piper mot.

Croyez-vous que si c’était dans une autre communauté du Sénégal, les membres allaient accepter qu’une question qui heurterait leur sensibilité soit utilisée pour combattre un des leurs ? Non ! Il y a que les Casamançais qui l’acceptent. Il y a des questions sensibles dans chaque communauté.

La question des agressions dans nos banlieues. Pour autant, est-ce que nous osons dire que les Banlieusards sont des agresseurs ? Non ! .

La question de la prostitution dans cette ville où les filles quittent le soir pour venir inonder les bars de la capitale dakaroise et rentrer au petit matin. Est-ce que l’on peut taxer les femmes de cette ville de prostituées sur cette base ? Non !

La question de l’adultère tristement célèbre et qui était transposée dans les rapports agriculteurs-pasteurs du fait que, selon le qu’en-dira-t-on, les uns aimaient à se jouer des autres en faisant la cour à leurs épouses. Nous nous souvenons du temps des ‹‹ Cours d’Assises ›› devenues aujourd’hui des ‹‹ Chambres criminelles ›› lorsque l’on nous annonçait à la radio que tel fera face au juge parce que … Est-ce que, pour autant, on dira que telle communauté est encline à l’adultère ? Non !

Sans parler de la question de nos émigrants taxés de dealers dont un candidat à la présidentielle française parlait, du vol de bétails et des cambriolages avec des méthodes sanguinaires se soldant par mort d’homme.

Qui a, malgré tout ça, indexé une communauté pour dire que c’est le propre de … ? Il faut juste admettre qu’il y a des phénomènes mondiaux qui touchent notre société comme toutes les autres. Face à l’injustice, certains optent pour une méthode d’expression de leur frustration. C’est ça qui est à l’origine de la rébellion, des agressions, de la prostitution …

Des exemples foisonnent dans le monde et au Sénégal. Face à l’injustice, Paul Kagame avait opté pour la rébellion avant de devenir un président exemplaire. Nelson Mandela avait opté pour des méthodes terroristes qui l’ont conduit en prison 27 ans durant avant de devenir un président démocrate. En Colombie, un ex-guérillero est sur le point d’être président car arrivé premier au premier tour de la présidentielle. Au Sénégal, des agresseurs se sont reconvertis en lutteurs respectables de nos jours.

En conclusion, nous exigeons que ce débat puéril qui ne nous mènera nulle part que vers le chaos soit arrêté.

* Président Debout Pour La Patrie-DLP (Sénégal JOGNA)
Membre Mouvement JUSCA/ Ziguinchor JOGNA

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