Cyberharcèlement et vengeance intime : une lycéenne piégée par des montages obscènes, verdict attendu à Mbour
SENTV : L’affaire secoue la commune de Ndiaganiao et met en lumière les dérives inquiétantes du cyberharcèlement en milieu rural. Poursuivi pour collecte illicite de données à caractère personnel, diffamation et chantage, A. L. Diop sera fixé sur son sort ce mardi 5 mai par le tribunal de grande instance de Mbour.
Selon les éléments de l’enquête rapportés par L’Observateur, les faits remontent à décembre 2025, dans le village de Thiandéne. Chauffeur de profession, le prévenu aurait développé une obsession pour une élève en classe de Terminale, M. Sène. Malgré un refus clair et répété de la jeune fille face à ses avances, il aurait maintenu une pression constante, allant jusqu’à lui proposer explicitement des relations sexuelles.
Face à cette fin de non-recevoir, l’homme aurait basculé dans une stratégie de représailles numériques. Ne disposant d’aucun contenu compromettant réel, il aurait conçu des montages à caractère pornographique en superposant le visage de la victime sur des corps étrangers, créant ainsi des vidéos jugées « réalistes » par les enquêteurs.
La diffusion de ces contenus a rapidement pris une ampleur préoccupante. Parents, camarades et proches de la lycéenne ont été destinataires des images, provoquant une humiliation publique décrite comme dévastatrice pour la victime, à quelques mois de l’examen du baccalauréat. La jeune fille aurait été exposée à des moqueries et à une stigmatisation sociale intense, la transformant en cible de railleries au sein de son entourage.
Après l’échec d’une tentative de règlement à l’amiable, la famille de la victime a saisi la gendarmerie de Ndiaganiao le 7 avril. L’enquête a permis de retracer les communications du suspect, notamment des appels et messages à caractère explicite.
À la barre, A. L. Diop a contesté les accusations, avançant une ligne de défense jugée fragile. Il a soutenu avoir uniquement cherché à « encourager la jeune fille dans ses études », une version en contradiction avec les éléments matériels versés au dossier. Ni la partie civile ni le ministère public n’ont été convaincus par cette déclaration.
Le procureur, insistant sur la gravité des faits et leur impact psychologique, a requis une application rigoureuse de la loi, soulignant la nécessité de sanctionner fermement ce type de violences numériques. Dans l’attente du délibéré, le prévenu a été reconduit à la maison d’arrêt et de correction de Mbour.
Ce dossier relance le débat sur la protection des données personnelles et la répression des violences en ligne, notamment à l’égard des jeunes filles, de plus en plus exposées à des formes de harcèlement sophistiquées et destructrices.