Assemblée nationale : la seconde loi de finances rectificative adoptée, entre exigence de transparence et débat sur l’urgence

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SENTV : Réunis en séance plénière, les députés ont adopté, mardi, à une large majorité, le projet de seconde loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice budgétaire en cours. Un texte défendu par le gouvernement comme un outil de réajustement nécessaire, dans un contexte marqué par des changements institutionnels récents et des besoins financiers urgents.

Présentant le projet devant les parlementaires, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a insisté sur la portée politique et symbolique du document. Selon lui, cette seconde LFR illustre la volonté de l’exécutif de renforcer la rigueur et la transparence dans la gestion des deniers publics.
« Cette loi n’est pas qu’un simple instrument technique. Elle traduit l’engagement de l’État à rendre compte, avec méthode et clarté, de l’utilisation des ressources publiques », a-t-il déclaré à la tribune.

Sur le plan chiffré, le gouvernement a arrêté le niveau des recettes à 4 531,1 milliards de francs CFA, tandis que les dépenses s’élèvent à 6 227,0 milliards de francs CFA, traduisant un ajustement budgétaire destiné à couvrir de nouvelles charges de l’État.

Le débat parlementaire a toutefois mis en lumière des divergences sur la procédure d’examen. Les députés du groupe Pastef, majoritaire à l’Assemblée nationale, ont estimé que le recours à la procédure d’urgence ne constitue aucune entorse aux règles budgétaires en vigueur. À l’inverse, plusieurs élus de l’opposition ont exprimé leurs réserves, dénonçant un calendrier jugé trop serré.

« Le délai imparti était insuffisant pour permettre un examen approfondi d’un texte d’une telle importance », a soutenu Aïssata Tall Sall, députée du groupe Takku Wallu Sénégal, pointant les limites du débat parlementaire dans ces conditions.

En réponse aux critiques, le ministre Cheikh Diba a justifié cette seconde LFR par les conséquences du remaniement ministériel intervenu le 6 septembre dernier, lequel a, selon lui, bouleversé l’architecture institutionnelle. Cette situation a rendu nécessaires de nouvelles mesures budgétaires, notamment à travers l’adoption de décrets d’avance destinés à faire face à des besoins urgents de fonctionnement et d’intervention de l’État.

Au terme des échanges, le projet a été adopté, ouvrant la voie à une reconfiguration des équilibres budgétaires, sur fond de débat persistant entre efficacité gouvernementale et exigence de contrôle parlementaire.

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