Révision constitutionnelle : Diomaye Faye ouvre le chantier d’un nouvel équilibre des pouvoirs
SENTV : Dans une Adresse à la Nation au ton solennel, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a confirmé son intention d’engager une révision de la Constitution, qu’il présente comme un pilier central de la refondation institutionnelle promise aux Sénégalais lors de l’élection présidentielle de 2024.
Sans entrer encore dans le détail des dispositions envisagées, le Chef de l’État a clairement fixé le cap : adapter la Loi fondamentale aux exigences contemporaines de transparence, de responsabilité et de justice sociale. Autant de principes qu’il considère comme indissociables du projet politique porté par la majorité issue des urnes.
Dans son message, le Président a tenu à lever toute ambiguïté sur la méthode. « La Constitution n’est pas l’affaire d’un homme ni d’un camp », a-t-il martelé, soulignant que la réforme ne saurait être conduite de manière unilatérale. Il a ainsi appelé à une concertation inclusive, impliquant partis politiques, organisations de la société civile, experts du droit constitutionnel et citoyens, afin de garantir un processus à la fois démocratique et consensuel.
Au cœur de cette réforme annoncée figure la question sensible du rééquilibrage des pouvoirs. Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la nécessité de consolider l’État de droit à travers des institutions mieux équilibrées, capables de jouer pleinement leur rôle de contre-pouvoir. L’objectif affiché est de renforcer la crédibilité de l’action publique et de prévenir toute dérive institutionnelle, dans un contexte où la concentration des pouvoirs a longtemps nourri le débat politique national.
Le Président a également défendu une conception dynamique de la Constitution, qu’il a qualifiée d’« instrument vivant ». Selon lui, la Loi fondamentale doit pouvoir évoluer pour accompagner les transformations économiques, sociales et politiques du pays, sans perdre sa fonction première de garantie des libertés et des droits fondamentaux.
Cette annonce s’inscrit dans une logique de rupture revendiquée avec les pratiques antérieures. Le Chef de l’État estime que la réforme constitutionnelle constitue une étape déterminante pour instaurer une gouvernance vertueuse et durable, fondée sur la reddition des comptes et la primauté de l’intérêt général.
Si le calendrier et les modalités précises de cette révision restent à définir, l’intervention présidentielle marque le lancement officiel d’un débat majeur pour l’avenir institutionnel du Sénégal. Un débat qui s’annonce aussi stratégique que sensible, tant la Constitution demeure le socle de la stabilité politique et démocratique du pays.