« Le poste de Premier ministre n’est pas un refuge » : Ousmane Sonko annonce une déclaration imminente sur la reddition des comptes
SENTV : En déplacement ce jeudi à Passi, à l’occasion de la cérémonie de clôture des 72 heures culturelles et sportives de la commune, le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu un discours au ton ferme, centré sur la reddition des comptes et la gouvernance publique. Face aux populations, le chef du Gouvernement a annoncé une prise de parole dans les prochains jours sur des questions qu’il juge essentielles pour l’avenir institutionnel et démocratique du pays.
Abordant sans détour la question des deniers publics, Ousmane Sonko a rappelé que toute personne impliquée dans des actes de prévarication devra répondre de ses actes devant la justice. « Tous ceux qui ont détourné l’argent public doivent rendre des comptes. Peut-on accepter d’oublier cela et faire comme si rien ne s’était passé ? », a-t-il interrogé, sous les applaudissements de l’assistance. C’est dans ce contexte qu’il a laissé entendre qu’un échange plus approfondi aura lieu prochainement, précisant : « Nous en discuterons dans les prochains jours, car le poste de Premier ministre n’est pas un abri ».
Le chef du Gouvernement a également insisté sur sa conception de l’action publique, affirmant que les dysfonctionnements doivent être corrigés par le dialogue institutionnel et le respect des principes de l’État. « Tout ce qui ne va pas, nous tenterons de le régler là où il se doit. C’est ainsi qu’agit un homme d’État », a-t-il déclaré. Toutefois, il a averti que si certaines pratiques destructrices venaient à persister, il n’hésiterait pas à s’adresser directement au peuple pour l’alerter. « Si cela continue, ce sera pire que les dérives du passé, et cela ne peut pas être accepté au Sénégal », a-t-il prévenu.
Sur le plan économique, Ousmane Sonko a dressé un constat critique de l’utilisation des ressources publiques au cours des dernières années. Selon lui, les priorités nationales ont été négligées au profit d’intérêts personnels. « L’argent n’a pas été investi là où il fallait : ni dans l’agriculture, ni dans l’élevage, ni dans l’industrie ou les services sociaux de base », a-t-il regretté, dénonçant une culture de l’enrichissement rapide au sommet de l’État.
Le Premier ministre a enfin interpellé les citoyens sur leur part de responsabilité dans ces dérives. « Quand un homme politique vient distribuer des valises d’argent, c’est un voleur. Et nous, populations, avons aussi une responsabilité quand nous acceptons cela », a-t-il conclu, appelant à une rupture collective avec les pratiques qu’il qualifie de néfastes pour la République.
Cette sortie très attendue annonce un débat politique et institutionnel majeur dans les prochains jours, alors que les Sénégalais scrutent les premiers actes du nouveau pouvoir en matière de gouvernance et de justice.