Affaire des téléphones en détention : l’immunité parlementaire de Farba Ngom au cœur du blocage judiciaire

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SENTV : Nouveau développement dans l’affaire dite des téléphones portables introduits en milieu carcéral. Le parquet a opposé une fin de non-recevoir à toute audition du député-maire des Agnam, Farba Ngom, invoquant son immunité parlementaire toujours en vigueur. Une position qui suspend, de fait, l’évolution de la procédure judiciaire et relance le débat sur l’application de l’article 217 du Code pénal.

Selon des sources judiciaires concordantes, trois convocations avaient été envisagées entre jeudi et mardi derniers afin d’entendre l’élu. Toutefois, le procureur de la République a estimé qu’aucun acte de poursuite ou d’audition ne pouvait être légalement engagé contre Farba Ngom tant que l’Assemblée nationale n’a pas procédé à la levée de son immunité parlementaire. En conséquence, le député n’a pas été entendu, malgré sa présentation au parquet, escorté par un agent pénitentiaire qui lui aurait remis les téléphones incriminés.

À l’issue de ce passage au palais de justice, Farba Ngom a été reconduit au pavillon spécial, tandis que l’agent pénitentiaire impliqué a bénéficié d’un retour de parquet. Ce dernier demeure, à ce stade, le principal concerné par la procédure en cours.

La défense du député-maire s’appuie notamment sur une lecture stricte de l’article 217 du Code pénal. L’un de ses avocats a souligné que ce texte vise spécifiquement l’auteur de l’acte d’introduction du téléphone dans un établissement pénitentiaire, laissant entendre que la responsabilité pénale incomberait prioritairement à l’agent chargé de la remise de l’objet prohibé, et non à la personne qui en aurait eu la détention.

Cette interprétation juridique, combinée au verrou constitutionnel de l’immunité parlementaire, place l’enquête dans une impasse temporaire. Sauf décision de l’Assemblée nationale autorisant des poursuites, le dossier concernant Farba Ngom reste gelé, tandis que les investigations se poursuivent à l’encontre des autres protagonistes.

L’affaire met une nouvelle fois en lumière les tensions entre exigence de reddition des comptes et protection statutaire des élus, dans un contexte où l’opinion publique demeure attentive à la lutte contre l’impunité et au respect de l’État de droit.

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