Marché régional de l’Uemoa : en janvier, le Sénégal lève près de 280 milliards FCfa et dépasse ses objectifs
SENTV : Le Sénégal entame l’année 2026 sur un rythme soutenu sur le marché régional des titres publics de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Au terme de deux opérations réalisées en janvier, le Trésor public a mobilisé 279,7 milliards de FCfa à travers des émissions de Bons assimilables du Trésor (Bat) et d’Obligations assimilables du Trésor (Oat), dépassant à chaque fois les montants initialement mis en adjudication.
La première intervention de l’année est intervenue le 16 janvier 2026. Pour un objectif de 140 milliards de FCfa, le Trésor a finalement retenu 154 milliards de FCfa, soit 14 milliards de plus que l’enveloppe annoncée.
Les investisseurs ont manifesté un intérêt marqué, avec des soumissions globales atteignant 169 milliards de FCfa, correspondant à un taux de couverture de 121,2 %. Un signal jugé positif par les observateurs, qui y voient la confirmation de la solidité de la signature souveraine du Sénégal sur le marché régional.
Dans le détail :
Le Bat à 364 jours a permis de mobiliser 71,45 milliards de FCfa, avec un rendement moyen pondéré de 6,96 %.
L’Oat à 3 ans a généré 66 milliards de FCfa, pour un rendement moyen pondéré de 7,28 %.
L’Oat à 5 ans a collecté 16 milliards de FCfa, assortie d’un rendement de 7,69 %.
Deuxième sortie réussie en fin de mois
Le 30 janvier 2026, le Sénégal est retourné sur le marché avec une émission simultanée de Bat et d’Oat. L’objectif affiché était de 120 milliards de FCfa ; 125,72 milliards de FCfa ont finalement été mobilisés, soit un dépassement de 5,72 milliards.
Quatre instruments ont été proposés : un Bat à 364 jours et trois Oat de maturités 3, 5 et 7 ans.
Le Bat à 364 jours a concentré l’essentiel des souscriptions, avec 113,31 milliards de FCfa levés à un rendement moyen pondéré de 7,16 %.
Les Oat ont enregistré des montants plus modestes :
8,16 milliards de FCfa pour la maturité 3 ans (rendement de 7,82 %) ;
4,24 milliards de FCfa pour la maturité 5 ans (rendement de 7,75 %).
Ces résultats traduisent une préférence marquée des investisseurs pour les maturités courtes, dans un contexte régional caractérisé par des tensions de liquidité et une remontée progressive des taux.
Cap sur un objectif annuel de 2 700 milliards FCfa
En 2025, le Sénégal avait mobilisé 2 225 milliards de FCfa sur le marché régional. Pour 2026, les autorités visent 2 700 milliards de FCfa, selon les orientations communiquées par la Direction de la dette publique.
Intervenant lors de rencontres consacrées au marché des titres publics, le directeur de la Dette publique, Elhadji Alioune Diouf, a réaffirmé la viabilité de la trajectoire d’endettement. « La dette reste viable », a-t-il assuré, soulignant que le différentiel entre le taux de croissance économique et le taux d’inflation demeure favorable.
Selon lui, la stratégie de financement repose sur une gestion prudente, privilégiant les ressources concessionnelles dans la limite des disponibilités. Le diagnostic du portefeuille fait apparaître un coût moyen de la dette autour de 4 %, avec un taux plus élevé sur le marché intérieur — avoisinant 7 % — contre des conditions plus avantageuses sur la dette extérieure.
Le responsable a toutefois rappelé les risques structurels : un risque de refinancement plus marqué sur la dette domestique et des risques de change sur la dette extérieure, environ 40 % du portefeuille étant libellé en devises.
Avec ces premières adjudications réussies, le Sénégal confirme ainsi son accès fluide au marché régional, tout en restant confronté aux arbitrages classiques entre coût, maturité et exposition aux risques financiers.