À Keur Moussa, Diomaye Faye enclenche la bataille contre les pertes agricoles avec un méga-projet de stockage horticole

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SENTV : Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, procède ce mardi à la pose de la première pierre du Projet d’infrastructures de stockage et de conservation des produits horticoles, dans la commune de Keur Moussa (région de Thiès). La cérémonie marque le lancement officiel d’un programme stratégique destiné à réduire significativement les pertes post-récolte et à renforcer la souveraineté alimentaire du Sénégal.

Implanté à Ngomène, au cœur du bassin agricole des Niayes, le projet prévoit la construction d’infrastructures modernes de stockage, combinant chambres froides et magasins secs. Objectif affiché : mettre fin au cycle récurrent de surproduction suivie d’effondrement des prix, puis de pénuries saisonnières.

Selon les estimations du ministère de l’Industrie et du Commerce, les pertes post-récolte oscillent entre 30 % et 40 % de la production nationale dans certaines filières horticoles. L’absence de capacités de conservation adaptées entraîne le pourrissement massif de produits périssables comme l’oignon, la pomme de terre, la tomate ou encore la carotte.

Cap sur 300 000 tonnes de capacité d’ici 2027

Le gouvernement ambitionne d’atteindre une capacité nationale de stockage horticole de 300 000 tonnes à l’horizon 2027. Un palier jugé déterminant pour :

assurer un approvisionnement régulier du marché tout au long de l’année ;

stabiliser les prix à la consommation ;

protéger les revenus des producteurs ;

limiter le recours aux importations saisonnières.

Ce chantier s’inscrit dans la stratégie de souveraineté alimentaire impulsée par les nouvelles autorités, avec une volonté de structuration des chaînes de valeur agricoles et d’amélioration des infrastructures logistiques.

La zone des Niayes, qui s’étend de Dakar à Saint-Louis, concentre l’essentiel de la production horticole nationale. Elle constitue un pilier de l’autosuffisance en oignon et en pomme de terre, deux produits sensibles aux fluctuations du marché.

Faute de stockage suffisant, les producteurs sont souvent contraints de brader leurs récoltes en période d’abondance. À l’inverse, durant la basse saison, la raréfaction de l’offre provoque des hausses de prix, pénalisant les ménages.

Avec ces nouvelles infrastructures, l’État entend instaurer un mécanisme de régulation plus efficace, permettant d’absorber les pics de production et d’assurer une mise sur le marché progressive.

Au-delà de sa dimension technique, la pose de la première pierre par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye revêt une portée politique. Elle traduit la volonté des autorités de faire de l’agriculture et de la transformation locale des priorités nationales.

À Ngomène, ce mardi, le lancement de ce projet sonne ainsi comme une étape structurante dans la bataille contre les pertes post-récolte, longtemps considérées comme l’un des talons d’Achille de l’agriculture sénégalaise.

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