Tambacounda : une suspecte déférée pour traite d’êtres humains et proxénétisme, une mineure identifiée dans une vidéo accablante
SENTV : L’antenne régionale de Tambacounda de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a déféré, lundi 16 février 2026, une femme poursuivie pour traite d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle et proxénétisme, à l’issue d’une enquête déclenchée sur la base d’un renseignement opérationnel.
Selon des sources policières concordantes, l’affaire trouve son origine dans une information transmise par l’antenne de Kédougou, faisant état de la séquestration d’une ressortissante nigériane dans le quartier Lawol Tamba, à Tambacounda.
D’après les premiers éléments de l’enquête, la victime aurait été convoyée depuis le Nigeria vers le Sénégal par la mise en cause. Cette dernière lui aurait imposé le remboursement d’une dette fixée à deux millions (2 000 000) de francs CFA, somme devant être acquittée à travers les revenus tirés de la prostitution.
Les investigations ont conduit les enquêteurs jusqu’à Bakel, où la suspecte a été identifiée puis interpellée à son domicile. Une perquisition a permis la saisie de plusieurs pièces à conviction, dont :
un téléphone portable ;
des carnets sanitaires ;
des cartes consulaires étrangères ;
un lot de préservatifs ;
une somme d’argent en numéraire.
Ces éléments matériels, versés au dossier, sont venus étayer les soupçons d’exploitation sexuelle organisée.
Entendue par les enquêteurs, la victime a confirmé avoir été introduite sur le territoire sénégalais sous la contrainte d’une dette de deux millions de FCFA. Elle a décrit un système d’exploitation fondé sur l’endettement, pratique fréquemment relevée dans les réseaux de traite à des fins sexuelles.
De son côté, la mise en cause a reconnu avoir « acheté » la victime à Dakar pour un montant de 275 000 FCFA, tout en contestant la somme de deux millions de FCFA qui lui serait réclamée.
L’exploitation technique du téléphone saisi a, selon les enquêteurs, mis en lumière de multiples transactions financières suspectes. Plus grave encore, une vidéo montrant une mineure soumise à des actes dégradants sous la contrainte a été découverte dans l’appareil, ouvrant la voie à de possibles qualifications pénales supplémentaires.
Cette affaire illustre la persistance des réseaux transnationaux de traite d’êtres humains opérant entre le Nigeria et le Sénégal, particulièrement dans les régions orientales du pays. Les autorités rappellent que la traite à des fins d’exploitation sexuelle constitue un crime sévèrement puni par la législation sénégalaise et les conventions internationales ratifiées par l’État.
La suspecte a été déférée devant le parquet compétent, qui devra apprécier les suites judiciaires à donner au dossier.
La Police nationale indique rester pleinement mobilisée dans la lutte contre la traite des personnes et le proxénétisme. Elle invite les populations à signaler toute information utile en appelant gratuitement le 800 00 17 00.
