Mise en accusation annoncée : Abdoulaye Diouf Sarr joue la carte institutionnelle et conteste tout grief financier

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SENTV : L’ancien ministre de la Santé et actuel secrétaire général de la Renaissance Républicaine, Abdoulaye Diouf Sarr, a réagi à l’annonce de la convocation de l’Assemblée nationale du Sénégal dans le cadre d’une procédure de mise en accusation le visant. Dans une déclaration rendue publique, l’ex-membre du gouvernement dit avoir appris « la convocation (…) pour une procédure de mise en accusation » le concernant et affirme attendre la notification formelle des griefs.

Au cœur de sa ligne de défense : le rapport de la Cour des comptes du Sénégal sur la gestion des fonds mobilisés dans le cadre de la riposte contre la pandémie de Covid-19.

« À ce stade, je tiens à rappeler avec clarté que le rapport (…) ne m’a imputé aucune infraction financière », soutient-il. L’ancien ministre de la Santé (2019-2022), qui a piloté la stratégie sanitaire nationale au plus fort de la crise, insiste sur l’absence, selon lui, de mise en cause personnelle dans les conclusions de l’organe de contrôle.

Le rapport de la Cour des comptes, rendu public après audit des dépenses liées au Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19, avait pointé diverses irrégularités administratives et manquements dans la chaîne de dépense publique. Toutefois, les responsabilités individuelles relèvent d’une appréciation juridique et politique distincte, susceptible d’être examinée par les institutions compétentes.

Dans son communiqué, Abdoulaye Diouf Sarr indique attendre « l’ouverture formelle de la procédure afin de prendre connaissance des griefs précis qui fonderaient cette saisine ». Cette posture traduit une stratégie de défense axée sur la régularité procédurale et le respect du contradictoire.

En droit parlementaire sénégalais, une mise en accusation d’un ancien membre du gouvernement peut ouvrir la voie à des poursuites devant la juridiction compétente, sous réserve du vote des députés. La convocation de l’Assemblée nationale constitue ainsi une étape déterminante, tant sur le plan politique que judiciaire.

Le responsable de la Renaissance Républicaine adopte un ton mesuré, appelant ses soutiens — « parents, amis et camarades » — à « garder leur sérénité et leur dignité ». Il se dit « pleinement attaché au respect des institutions de la République et au bon fonctionnement de l’État de droit ».

Dans un contexte où la gestion des fonds Covid-19 demeure un sujet sensible dans l’opinion publique, cette communication vise manifestement à contenir l’impact politique de la procédure et à réaffirmer sa confiance dans les mécanismes institutionnels.

« La vérité des faits finira toujours par prévaloir », conclut-il, laissant entendre qu’il entend affronter l’épreuve sur le terrain du droit plutôt que dans l’arène médiatique.

La suite dépendra désormais du calendrier parlementaire et de la nature exacte des accusations qui pourraient être formulées à son encontre.

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