Réformes électorales : la DGE s’inspire du modèle congolais pour accélérer la mue institutionnelle

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SENTV : Dans le sillage des conclusions du Dialogue national sur le système politique (28 mai – 4 juin 2025), la Direction générale des élections (DGE) du Sénégal franchit une nouvelle étape stratégique. Une mission de travail s’est tenue mercredi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, avec pour objectif affiché : nourrir les futures réformes électorales sénégalaises par des retours d’expérience africains éprouvés.

Conduite par Souleymane Teliko, directeur du Centre de formation judiciaire du Sénégal (CFJ), la délégation sénégalaise a effectué une visite approfondie du Centre électoral Bosolo de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) congolaise.

Selon un communiqué de la Division de la communication et des relations publiques de la DGE en date du 23 février 2026, cette mission s’inscrit dans une dynamique d’« amélioration continue de la gestion du processus électoral », conformément aux engagements issus du Dialogue national.

Sur le terrain, les responsables sénégalais ont examiné les mécanismes de planification opérationnelle, la cartographie logistique, la gestion centralisée des entrepôts ainsi que les stratégies de déploiement du matériel électoral sur un territoire parmi les plus vastes d’Afrique. Un paramètre non négligeable dans un pays-continent comme la RDC, où les contraintes géographiques constituent un défi permanent.

La séquence congolaise a été précédée d’une séance de travail avec le président de la CENI, Denis Kadima Kazadi. Les discussions ont porté sur l’architecture juridique et institutionnelle des élections en RDC, notamment l’articulation entre la commission électorale, les juridictions compétentes et les pouvoirs publics.

Cette approche comparative intervient alors que Dakar examine plusieurs modèles africains dans la perspective d’une refonte structurelle de son système électoral.

La mission s’inscrit dans le prolongement de l’arrêté n°025556 du 21 juillet 2025 instituant un comité chargé de rédiger les avant-projets de textes et décrets d’application issus du Dialogue national et des Assises de la justice. Après la remise du rapport final et l’annonce, le 31 décembre 2025, d’une prochaine production normative par le chef de l’État, la DGE a intensifié ses consultations comparatives.

Parmi les réformes structurantes envisagées figurent :

la création d’une Cour constitutionnelle ;

l’instauration d’une Commission électorale nationale indépendante ;

la réforme du Conseil supérieur de la magistrature ;

la révision du Code électoral ;

la modernisation de l’appareil judiciaire ;

l’institution d’un juge des libertés ;

un rééquilibrage des pouvoirs institutionnels.

En ouvrant le Dialogue national, le président Bassirou Diomaye Faye avait pris l’engagement de traduire les consensus politiques en actes normatifs. La mission de Kinshasa apparaît ainsi comme un jalon opérationnel dans la concrétisation de cette feuille de route.

Au-delà du simple benchmarking technique, cette initiative révèle une diplomatie électorale assumée. En misant sur la coopération Sud-Sud et l’échange d’expertises africaines, la DGE cherche à crédibiliser le futur dispositif électoral sénégalais dans un contexte régional marqué par des exigences accrues de transparence et de fiabilité des scrutins.

Reste désormais à traduire ces enseignements en textes législatifs et en innovations administratives concrètes. Le pari des autorités sénégalaises est clair : faire de la réforme électorale non pas un ajustement technique, mais un véritable tournant institutionnel.

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