Disparition de Chérif Bouh : la Nation salue la mémoire d’un bâtisseur spirituel et social
SENTV : Le Sénégal est en deuil. La disparition de Cheikh Makhfou Aïdara, plus connu sous le nom de Chérif Bouh, continue de susciter une vive émotion à travers le pays. Le khalife de la communauté khadre de Gueoul a perdu la vie samedi dans un accident de la circulation survenu à Diama, dans la région de Saint-Louis, en compagnie de ses deux épouses.
À la tête des hommages, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé sa « profonde tristesse » face à ce drame. Dans un message publié sur ses canaux officiels, le chef de l’État a salué la mémoire d’un « guide religieux respecté, au service de la foi et de la communauté », tout en présentant, au nom de la Nation, ses condoléances à la famille éplorée, au nouveau khalife ainsi qu’à l’ensemble de la communauté musulmane.
Même tonalité du côté de l’Assemblée nationale. Son président, Malick Ndiaye, a évoqué une « disparition brutale » qui « endeuille la nation tout entière », avec une pensée particulière pour la région de Louga, fortement marquée par l’influence spirituelle du défunt.
Un héritage spirituel et social durable
Né en 1958 à Guéoul, Cheikh Makhfou Aïdara était le fils de Cheikhna Mouhamed Fadal Aidara, figure religieuse majeure installée dans la localité depuis les années 1940. À la disparition de ce dernier en 1981, il avait pris les rênes de la communauté khadre, s’imposant au fil des décennies comme un repère spirituel respecté.
Reconnu pour sa discrétion, sa rigueur et son sens de la médiation, il s’était illustré bien au-delà du champ religieux. Son action en faveur de la cohésion sociale, de la prévention des conflits et de l’éducation a durablement marqué sa communauté. Il a notamment contribué à la création du premier collège d’enseignement moyen de Guéoul, participant ainsi à l’ancrage de l’éducation dans cette localité.
Le drame s’est produit alors qu’il revenait de Nimzatt, en Mauritania. L’accident survenu à hauteur de Diama a fait trois morts, dont le guide religieux et ses deux épouses, ainsi que plusieurs blessés, selon des sources proches de la famille.
L’inhumation a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche au cimetière Adramé de Guéoul, en présence d’autorités administratives et territoriales, dont le préfet de Kébémer.
À la suite de son rappel à Dieu, son frère, Cherif Chaya Aidara, a été désigné nouveau khalife des khadres de Guéoul. Une transition qui s’inscrit dans la continuité d’une tradition religieuse solidement enracinée.
Au-delà de l’émotion, la disparition de Chérif Bouh laisse l’image d’un homme de foi et d’engagement, dont l’influence dépasse largement les frontières de Guéoul, et dont l’héritage spirituel et social continuera de marquer durablement les générations futures.