Candidature de Macky Sall à l’ONU : le Burundi défend les procédures de l’UA face aux critiques rwandaises

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SENTV : La polémique autour du soutien de l’Union africaine (UA) à la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies a franchi un nouveau cap ce week-end. L’Ambassadeur du Burundi auprès de l’UA, Willy Nyamitwe, a vivement réagi aux critiques publiques du ministre rwandais des Affaires étrangères, qui jugeaient contestable la procédure de soutien adoptée par l’institution continentale.

Dans un message publié sur son compte X, le diplomate burundais a qualifié la sortie de Kigali de « regrettable tant sur le fond que sur la forme », estimant qu’elle déformait la réalité des mécanismes décisionnels de l’UA. Le débat porte principalement sur le recours à la procédure dite du silence, utilisée pour entériner le soutien collectif de l’organisation à la candidature de Macky Sall.

Selon Nyamitwe, cette méthode est « bien établie et régulièrement appliquée » au sein de l’UA. Le fait que certains États membres aient choisi de rompre le silence ne constitue pas une anomalie, mais reflète au contraire le bon fonctionnement du dialogue interétatique. Le diplomate rappelle également que le Président en exercice de l’UA, Evariste Ndayishimiye, a agi dans le strict respect de son mandat en chargeant la Commission de l’UA de transmettre le projet de décision à tous les États membres pour adoption selon les règles internes de l’Union.

Sur la question du délai de 24 heures, critiqué par Kigali, Nyamitwe a précisé qu’il ne relevait pas de la présidence de l’UA mais d’une décision interne de la présidence du Comité des représentants permanents, malgré les réserves du conseiller juridique et du secrétariat. « Il est donc inexact d’en imputer la responsabilité à la présidente de l’organisation », a-t-il insisté.

Le diplomate burundais a qualifié de « disproportionnée » toute tentative de présenter ce différend comme une violation grave ou une source de discrédit pour l’institution. Il a plaidé pour que les divergences soient traitées par les voies diplomatiques habituelles, dans un esprit de collégialité et de respect mutuel, tout en soulignant que les commentaires publics sur un ton « méprisant ou incendiaire » nuisent au dialogue constructif et risquent de donner l’impression d’un manque de maturité dans la gestion des dossiers continentaux sensibles.

Cette clarification survient alors que le soutien de l’UA à Macky Sall, qui marque un précédent dans l’histoire de l’organisation, continue de susciter un débat au sein des États membres sur la transparence et la légitimité des procédures internes.

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