L’Espagne ouvre une régularisation massive de sans-papiers pour répondre aux besoins économiques et démographiques

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Selon l’exécutif dirigé par le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, ce plan vise les étrangers résidant en Espagne depuis au moins cinq mois et arrivés sur le territoire avant le 31 décembre 2025. La procédure sera encadrée par un décret royal, permettant son application sans vote préalable du Parlement, où le gouvernement ne dispose pas de majorité.

Une procédure encadrée et rapide

D’après la porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, la démarche débutera dès cette semaine avec une ouverture des demandes en ligne à partir du jeudi 16 avril, suivie d’une phase de dépôt physique à partir du lundi 20 avril. Le dispositif doit être clôturé le 30 juin.

Cette régularisation, qualifiée de « processus exceptionnel » par les autorités, devrait concerner en priorité des ressortissants originaires d’Amérique latine, fortement représentés parmi la population immigrée en situation irrégulière en Espagne.

Un choix assumé face aux enjeux économiques

Dans une lettre adressée aux citoyens et publiée sur le réseau social X, Pedro Sánchez a défendu une mesure qu’il juge « nécessaire » pour accompagner le vieillissement de la population espagnole et soutenir la croissance d’une économie parmi les plus dynamiques de la zone euro.

Le chef du gouvernement a insisté sur la volonté d’« intégrer avec justice » les migrations, tout en reconnaissant les tensions qu’elles peuvent générer : « Il serait irresponsable de nier les défis qu’elles posent », a-t-il souligné, appelant à une gestion « responsable » et orientée vers une prospérité partagée.

Un débat politique déjà tendu

Cette décision intervient dans un climat politique polarisé. Le Parti populaire (droite) et le parti d’extrême droite Vox ont déjà exprimé leur opposition, dénonçant une mesure qu’ils jugent trop permissive.

Le gouvernement rétorque en inscrivant ce plan dans une continuité historique, rappelant que des régularisations similaires ont déjà été mises en œuvre sous différents gouvernements depuis la transition démocratique.

Une initiative issue de la société civile

Ce dispositif s’appuie également sur une forte mobilisation citoyenne. Plus de 600 000 signatures et le soutien d’environ 900 associations ont été recueillis en faveur d’une régularisation exceptionnelle des migrants sans statut légal.

Une position singulière en Europe

Alors que plusieurs pays de l’Union européenne renforcent leurs politiques migratoires, l’Espagne fait figure d’exception en assumant une approche plus ouverte. Le pays reste par ailleurs l’une des principales portes d’entrée migratoires vers l’Europe, notamment via l’archipel des Canaries, point d’arrivée majeur des flux venus d’Afrique du Nord et de l’Ouest.

Cette décision marque ainsi un tournant politique assumé par Madrid, qui entend concilier gestion migratoire et impératifs économiques dans un contexte de transformation démographique profonde.

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