ONU : Le président Diomaye prend ses distances avec la candidature de Macky Sall et dénonce une démarche « non concertée »
SENTV : Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est sorti de son silence sur la candidature prêtée à son prédécesseur, Macky Sall, au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Une prise de parole marquée par des réserves sur la méthode et un appel implicite au respect des usages diplomatiques.
S’exprimant face à la presse ce samedi 2 mai 2026, le chef de l’État a affirmé ne jamais avoir été officiellement informé d’une telle initiative. « La candidature de Macky Sall, je l’ai apprise par mes homologues. Il ne m’en a jamais parlé », a-t-il déclaré, pointant un déficit de communication au plus haut niveau.
Une information transmise par des canaux indirects
Selon le président sénégalais, l’information lui serait parvenue de manière informelle, notamment par l’intermédiaire d’un émissaire d’Afrique centrale dépêché à Dakar. « C’est à Macky Sall de me parler de sa candidature », a-t-il insisté, soulignant l’importance des canaux institutionnels dans la gestion de ce type de dossier.
Dakar dénonce des pressions en amont du sommet de l’UA
Le chef de l’État a également évoqué des tentatives d’influence à la veille d’un sommet de l’Union africaine. « On voulait exercer une forme de pression pour faire endosser cette candidature. Je ne procède pas comme ça », a-t-il affirmé, marquant son refus de toute validation précipitée.
Bassirou Diomaye Faye a par ailleurs indiqué que la candidature aurait été portée par le Burundi, sans que les autorités sénégalaises n’en soient formellement saisies. « Le Sénégal n’acceptera jamais ce genre de traitement », a-t-il averti.
Une procédure jugée irrégulière
Sur le plan institutionnel, le président a tenu à rappeler que la question n’a pas été officiellement inscrite à l’ordre du jour des instances compétentes de l’Union africaine. « Il existe un comité chargé de ces candidatures. On ne peut pas nous imposer une procédure silencieuse, en 24 heures, de manière illégale », a-t-il dénoncé, précisant que le Sénégal et d’autres États membres ont rejeté cette approche.
Une neutralité prudente
Malgré ses critiques sur la forme, le chef de l’État a adopté une posture mesurée sur le fond. Il a assuré qu’il ne s’opposerait pas aux initiatives visant à soutenir la candidature de son prédécesseur, laissant ainsi la porte ouverte à une éventuelle évolution du dossier.
Cette déclaration met en lumière les enjeux diplomatiques et politiques autour des candidatures africaines aux plus hautes fonctions internationales, tout en révélant des tensions sur les mécanismes de désignation au sein des instances continentales.