Arachide : Serigne Hady Niasse fustige les lenteurs de l’État et interpelle Diomaye sur la détresse paysanne
SENTV : Lors de son Gamou international, Serigne Hady Niasse a livré un réquisitoire sans détour contre la conduite de la campagne arachidière, pointant du doigt les retards et dysfonctionnements qui, selon lui, ont lourdement pénalisé les producteurs. Devant une assistance nombreuse, le guide religieux a directement interpellé le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, l’exhortant à rectifier ce qu’il considère comme des erreurs évitables.
Au cœur de ses critiques figure le retard dans la fixation du prix officiel de l’arachide. Pour Serigne Hady Niasse, cette lenteur administrative a plongé de nombreux paysans dans l’incertitude. « Après l’hivernage, le cultivateur doit connaître rapidement le prix de vente de sa récolte. C’est une donnée essentielle pour organiser ses charges, ses dettes et ses projets », a-t-il martelé, soulignant l’impact direct de cette situation sur la stabilité financière des exploitations rurales.
Le prêcheur a également dénoncé l’ouverture tardive des points de collecte, un autre maillon faible de la chaîne, selon lui. Bien que l’État ait fixé le prix plancher de l’arachide à 305 FCFA le kilogramme, ces retards auraient surtout profité aux opérateurs privés, au détriment des producteurs. Faute d’alternatives immédiates, de nombreux paysans se seraient vus contraints de céder leur production à des prix nettement inférieurs.
Serigne Hady Niasse a étayé ses propos par des chiffres parlants. « Certains agriculteurs ont vendu à 250 FCFA le kilo, perdant ainsi 55 FCFA par kilogramme. Cela représente environ 8 000 FCFA par barigo et peut atteindre jusqu’à 80 000 FCFA pour une production de 10 tonnes », a-t-il expliqué, insistant sur la pénibilité du travail agricole et sur l’aggravation des difficultés économiques en milieu rural.
En conclusion, le religieux a lancé un appel pressant aux autorités pour une correction rapide de ces manquements. Il a plaidé pour une meilleure anticipation des décisions liées à la filière arachidière, rappelant que les paysans constituent un pilier fondamental de l’économie sénégalaise et méritent, à ce titre, un accompagnement à la hauteur de leurs efforts.