Barthélémy Dias charge l’exécutif : « Le pouvoir ne fait pas du coût de la vie sa priorité »
SENTV : Le ton est frontal. Le leader du mouvement « Sénégal Bi Ñu Bokk », Barthélémy Dias, a vivement mis en cause la gouvernance du tandem exécutif formé par le Premier ministre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye.
Face à la presse, l’ancien maire de Dakar a estimé que « la priorité de ce régime n’est pas de baisser le coût de la vie », accusant les autorités d’être en décalage avec les préoccupations sociales.
Le pouvoir d’achat au cœur des critiques
Dans un contexte marqué par des tensions persistantes sur les prix des denrées de première nécessité, du loyer et du transport, Barthélémy Dias considère que l’exécutif ne répond pas suffisamment à l’urgence sociale.
« La priorité pour ce régime, ce n’est pas de baisser le coût de la vie, mais de se promener en jet privé », a-t-il lancé, dénonçant ce qu’il qualifie de « déconnexion » entre le sommet de l’État et les réalités quotidiennes des ménages.
Ces déclarations interviennent alors que le gouvernement met en avant des mesures de rationalisation budgétaire et des réformes structurelles dans le cadre de son agenda de transformation économique.
L’autre axe majeur de son intervention concerne la gestion des ressources extractives. Depuis le démarrage de la production du champ pétrolier de Sangomar en 2024 et l’entrée en exploitation progressive du projet gazier GTA (Grand Tortue Ahmeyim), le Sénégal est officiellement devenu un pays producteur d’hydrocarbures.
Barthélémy Dias appelle à davantage de transparence sur l’utilisation des revenus issus du pétrole et du gaz, des ressources qu’il qualifie de « stratégiques ». Il s’interroge notamment sur leur impact concret sur la réduction des inégalités et l’amélioration des conditions de vie.
Ces critiques s’inscrivent dans une recomposition du paysage politique sénégalais, marquée par la cohabitation entre attentes sociales fortes et ambitions de transformation structurelle portées par le nouveau pouvoir.
Si l’exécutif met en avant des réformes orientées vers la souveraineté économique et la rationalisation des finances publiques, l’opposition insiste, elle, sur l’urgence d’actions visibles en faveur du pouvoir d’achat.
En filigrane, c’est la question de la redistribution des fruits de la croissance – notamment extractive – qui alimente le débat public. Entre impératif de stabilité macroéconomique et pression sociale, le gouvernement est sommé par ses détracteurs de démontrer que la manne énergétique profite effectivement aux populations.
La sortie de Barthélémy Dias ouvre ainsi une nouvelle phase d’interpellation politique, où la bataille des chiffres et de la perception s’annonce déterminante dans l’opinion.