Crise de la dette : Ousmane Sonko ferme la porte à toute restructuration et interpelle le FMI

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SENTV : Le gouvernement sénégalais campe sur une ligne de fermeté face aux débats entourant la situation financière du pays. En marge d’un point de presse tenu à Dakar aux côtés du Premier ministre mauritanien, Moctar Ould Djaye, en visite officielle, le Premier ministre Ousmane Sonko a rejeté sans équivoque toute perspective de restructuration de la dette publique du Sénégal, tout en mettant en cause la responsabilité du Fonds monétaire international (FMI) dans la crise actuelle.

Interpellé par une journaliste sur l’option d’un réaménagement de la dette, le chef du gouvernement a été catégorique. Selon lui, la situation financière héritée des précédentes autorités, longtemps objet de controverses, est désormais clairement établie. « Les chiffres sont aujourd’hui validés par nos institutions nationales et par nos partenaires internationaux », a-t-il déclaré, mettant ainsi fin, selon lui, à toute ambiguïté sur l’ampleur des déséquilibres.

Ousmane Sonko a rappelé que le Sénégal fait face à une dette estimée à 119 % du produit intérieur brut (PIB) et à un déficit budgétaire avoisinant 13 %, une conjoncture qu’il qualifie de difficile mais pas insurmontable. « Le redressement passera d’abord par nos propres efforts », a-t-il insisté, appelant les Sénégalais à faire preuve de compréhension et de solidarité. Il a souligné que le plan de redressement économique et social élaboré par le gouvernement devrait permettre de mobiliser près de 960 milliards de francs CFA supplémentaires, afin d’honorer les engagements financiers du pays sans recourir à une restructuration de la dette.

Le Premier ministre a également pointé du doigt le rôle du FMI, estimant que l’institution internationale ne saurait se dédouaner de la situation actuelle. « Le FMI était présent, effectuait des missions régulières et des revues. Il ne peut pas prétendre ne pas être informé », a-t-il affirmé. Pour étayer son propos, Ousmane Sonko a évoqué le cas de l’Égypte, bénéficiaire d’un soutien du Fonds malgré des indicateurs économiques jugés préoccupants à l’époque. Il a rappelé une déclaration de la directrice générale du FMI, selon laquelle l’institution ne pouvait « abandonner un pays engagé dans des réformes et des efforts pour se relever ».

À ses yeux, les indicateurs économiques de l’Égypte n’étaient « pas plus favorables » que ceux du Sénégal aujourd’hui, ce qui rend, selon lui, difficilement justifiable l’hypothèse d’imposer une restructuration de la dette au pays.

En conclusion, Ousmane Sonko a réaffirmé la cohérence de la position gouvernementale. « Nous ne voulons pas de restructuration », a-t-il martelé, précisant que cette orientation est pleinement partagée par le Président de la République et l’ensemble des départements ministériels concernés. Une posture qui confirme la volonté de l’exécutif de privilégier une solution endogène à la crise financière, tout en redéfinissant les termes du dialogue avec les partenaires internationaux.

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