Déclarations controversées à la télévision : Cheikh Oumar Diagne condamné pour diffusion de fausses nouvelles

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SENTV : Le tribunal des flagrants délits de Dakar a reconnu coupable, ce mercredi, le leader du Rassemblement pour la vérité (RPV), Cheikh Oumar Diagne, poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles à la suite de déclarations controversées faites lors d’une émission télévisée. À l’issue du procès, le prévenu a été condamné à une amende ferme de 500 000 FCFA.

L’affaire trouve son origine dans une intervention de Cheikh Oumar Diagne sur la chaîne SenTV, au cours de laquelle il avait évoqué les circonstances de la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba.

Lors de cette émission, l’enseignant-chercheur avait affirmé que le Premier ministre Ousmane Sonko aurait « donné l’ordre de tuer l’étudiant », des propos qui ont conduit à son interpellation puis à sa comparution devant la justice.

À la barre, Cheikh Oumar Diagne a contesté l’accusation de diffusion de fausses nouvelles. Il a expliqué qu’il s’exprimait dans le cadre d’un débat politique et qu’il faisait référence à une déclaration faite par le Premier ministre devant l’Assemblée nationale concernant l’intervention des forces de défense et de sécurité à l’Université Cheikh Anta Diop.

Selon lui, ses propos visaient à évoquer une responsabilité indirecte liée à l’ordre donné d’entrer sur le campus universitaire.
« J’ai voulu dire qu’il a donné indirectement l’ordre qui a conduit à la mort de l’étudiant », a-t-il expliqué devant le tribunal.

Le leader du RPV a également insisté sur son respect des institutions de la République, estimant que ses déclarations relevaient d’une analyse politique et non d’une volonté de jeter le discrédit sur les autorités.

Dans ses réquisitions, le procureur de la République a estimé que l’infraction de diffusion de fausses nouvelles était constituée. Le représentant du ministère public a requis six mois d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’une amende de 500 000 FCFA.

La défense, assurée par Sayba Danfakha et Hosni Maati, a plaidé la relaxe pure et simple. Les avocats ont soutenu que les propos incriminés ne constituaient pas une « nouvelle » au sens de la loi, se référant à l’article 255 du Code pénal. Ils ont également affirmé que les déclarations diffusées à la télévision avaient été sorties de leur contexte.

Après délibération, le tribunal a retenu la culpabilité de Cheikh Oumar Diagne pour diffusion de fausses nouvelles. Toutefois, la juridiction a opté pour une sanction pécuniaire, condamnant le prévenu à une amende ferme de 500 000 FCFA, sans peine d’emprisonnement.

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte où les autorités sénégalaises affichent leur volonté de lutter contre la propagation de fausses informations, notamment dans le débat politique et médiatique.

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