Éducation nationale : le G7 enclenche une nouvelle offensive syndicale face à l’État

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SENTV : La tension reste vive dans le secteur de l’éducation. Réunie en plénière ce lundi 9 février 2026, au siège du SELS à Dakar, l’intersyndicale du G7 a annoncé le lancement d’un quatrième plan d’action national, marquant un durcissement notable du mouvement de contestation qui secoue l’école sénégalaise depuis plusieurs semaines.

À l’issue de la rencontre, les responsables syndicaux ont dressé un bilan jugé « largement positif » de leurs précédents mots d’ordre, tout en réaffirmant leur détermination à obtenir l’application intégrale des accords signés avec l’État, la justice salariale et une amélioration durable des conditions de travail des enseignants.

Une mobilisation jugée massive sur le terrain

Le G7 s’est félicité de la forte adhésion du corps enseignant à l’échelle nationale. Selon l’intersyndicale, les assemblées générales ont connu une affluence significative, la marche organisée à Thiès a enregistré un large succès, tandis que le taux de suivi des mots d’ordre a été élevé dans de nombreuses circonscriptions.

Cette mobilisation a eu pour conséquence le report de compositions scolaires dans plusieurs localités. Toutefois, la plénière a regretté le non-respect du boycott des évaluations par certains personnels et a dénoncé des pratiques qualifiées d’« illégales » de la part de chefs d’établissement, accusés d’avoir fait administrer des épreuves par des personnes non habilitées.

Des avancées reconnues, mais jugées insuffisantes

L’intersyndicale reconnaît que la pression syndicale a permis d’enregistrer certains acquis, notamment la convocation du comité de suivi des accords par le gouvernement, ainsi que la signature et la publication des décrets n°2026-65 et n°2026-66 du 27 janvier 2026, relatifs à la révision du statut des enseignants décisionnaires.

Des avancées que le G7 considère cependant comme partielles, au regard de la multiplicité des engagements encore non concrétisés.

Les syndicats exigent désormais des réponses « concrètes et définitives » sur une série de points structurants, parmi lesquels figurent la digitalisation intégrale des actes de la Fonction publique, la revalorisation des pensions des enseignants non fonctionnaires, l’équité salariale, la fin de la surimposition des rappels, le paiement d’indemnités en souffrance, la formation diplômante universelle, l’académisation effective du BFEM, l’accès au foncier, le relèvement des budgets des établissements scolaires ou encore la possibilité de départ à la retraite à 65 ans sur option.

Boycott et grèves programmées

Pour faire pression sur les autorités, le G7 a dévoilé un calendrier de mobilisation étalé sur deux semaines.
Pour la période du 9 au 15 février 2026, un débrayage est prévu le mardi 10 février à 9 heures, suivi d’une grève totale le mercredi 11 février.
La semaine du 16 au 22 février sera marquée par un débrayage le mercredi 18 février, accompagné de rassemblements dans les Inspections d’Académie, avec un point de presse national à Pikine-Guédiawaye, une grève totale le jeudi 19 février, puis une présence passive avec port de brassards rouges le vendredi 20 février.

Le boycott porte notamment sur les évaluations, compositions, cellules d’animation pédagogiques, la formation initiale des élèves-maîtres, ainsi que les activités physiques et sportives.

En conclusion, le G7 appelle l’ensemble des enseignants à maintenir la mobilisation, estimant que cette lutte vise à bâtir « une école capable de porter un développement endogène, juste et équitable ».

À défaut d’un compromis rapide avec les autorités, cette nouvelle phase du bras de fer syndical pourrait perturber durablement le calendrier pédagogique national, faisant planer le spectre d’une crise scolaire prolongée.

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