SENTV : En marge de sa tournée politique entamée à l’intérieur du pays, Ousmane Sonko a marqué, vendredi, une halte à Fass Barigo, avant de rallier Guinguinéo. Devant des populations venues nombreuses à sa rencontre, le leader du parti Pastef a livré une lecture sans détour de la situation économique nationale, qu’il attribue principalement à l’héritage financier laissé par le régime précédent.
Selon Ousmane Sonko, « le seul véritable problème économique du Sénégal aujourd’hui » réside dans une dette publique dissimulée, qu’il estime à près de 7 000 milliards de francs CFA. Une dette qui, selon lui, n’aurait pas suivi les procédures institutionnelles requises. « Cette dette n’a pas été soumise au vote de l’Assemblée nationale. Elle n’est donc pas passée par le circuit légal », a-t-il soutenu, évoquant un facteur déterminant des tensions budgétaires actuelles.
Face à ses interlocuteurs, le responsable politique a insisté sur les conséquences structurelles de cette situation, qu’il considère comme le nœud central des difficultés économiques du pays. Pour Ousmane Sonko, cette dette dite « cachée » pèserait lourdement sur les marges de manœuvre de l’État et expliquerait en grande partie les contraintes financières auxquelles le pays est confronté.
Toutefois, le leader des « Patriotes » a tenu à nuancer son propos en mettant en avant les premières mesures engagées par les autorités actuelles. Il a notamment cité les baisses opérées sur les prix de certaines denrées de première nécessité, ainsi que la réduction du coût de l’électricité, présentées comme des efforts concrets pour soulager le pouvoir d’achat des ménages.
Abordant la question du monde rural, Ousmane Sonko s’est montré optimiste quant à l’avenir de l’agriculture sénégalaise, en particulier la filière arachidière. Il a assuré que les difficultés liées à la production et à la commercialisation de l’arachide seraient progressivement résorbées dans les prochaines années.
Dans cette dynamique, il a annoncé le renouvellement de l’outil industriel de la Sonacos, avec l’installation de nouvelles machines destinées à améliorer la transformation locale et à renforcer les capacités d’exportation des produits dérivés de l’arachide.
Cette étape à Fass Barigo s’inscrit dans une tournée plus large visant, selon ses proches, à expliquer les choix économiques du gouvernement, à défendre son diagnostic de la situation nationale et à maintenir le dialogue avec les populations à la base.