FADP : un rapport très attendu au cœur d’une crise de confiance dans la presse sénégalaise

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SENTV : Le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique s’apprête à franchir un cap décisif dans un dossier devenu explosif. Dans un communiqué officiel, l’institution a annoncé la publication, ce vendredi 3 avril à 16 heures, du rapport sur la gestion du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP), au Building administratif Mamadou Dia.

Cette annonce intervient dans un climat de fortes tensions entre autorités publiques et acteurs des médias, sur fond d’accusations de répartition opaque et inéquitable de l’aide publique destinée à soutenir le secteur de la presse.

Une réponse attendue après des mois de polémique

Depuis plusieurs mois, le FADP cristallise les critiques d’une partie de la profession. Des voix se sont élevées pour dénoncer un manque de transparence dans l’attribution des financements, certains acteurs évoquant des critères flous, voire discriminatoires.

Face à la montée de la contestation, la publication du rapport apparaît comme une tentative du ministère de rétablir la confiance et d’apporter des éléments factuels à un débat de plus en plus politisé.

La controverse a pris une tournure judiciaire ces dernières semaines. Plusieurs personnalités ont été entendues par les enquêteurs de la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar, sur instruction du Procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar.

Parmi elles, Mame Makhtar Guèye, qui a été le premier à être auditionné. Le vice-président de l’ONG Jamra avait relayé, dans une vidéo devenue virale, des accusations portant sur une distribution jugée inéquitable du fonds.

Dans la foulée, Habibou Dia, directeur de la Communication du ministère, a également été convoqué. Selon des sources proches du dossier, l’administration aurait saisi le parquet, estimant que certaines déclarations publiques portaient atteinte à la crédibilité du FADP et à l’honorabilité des membres de son Conseil de gestion.

À l’origine de cette séquence, une intervention médiatique de Ibrahima Lissa Faye sur l’émission RFM Week-end. Le journaliste, également directeur de publication de PressAfrik et coordonnateur de la Coordination des associations de presse (CAP), y avait ouvertement critiqué les modalités de répartition du FADP.

Ses propos, largement relayés sur les réseaux sociaux, ont contribué à amplifier la polémique et à susciter une vague de réactions au sein de l’opinion publique et de la corporation médiatique. Il a été entendu par la police le mardi 31 mars.

En parallèle, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a durci le ton. Dans un communiqué publié le 31 mars, l’organisation a dénoncé une « gestion scandaleuse » du fonds public.

Le CDEPS exige notamment :

la publication exhaustive de la liste des bénéficiaires ;

la transparence sur les montants alloués ;

la mise en place d’un audit indépendant ;

une réforme structurelle du mécanisme de répartition.

La publication annoncée du rapport du FADP constitue désormais un moment de vérité pour les autorités. Elle devra non seulement apporter des réponses précises aux accusations formulées, mais aussi proposer, le cas échéant, des pistes de réforme pour restaurer la confiance.

Dans un contexte où la viabilité économique des médias reste fragile, l’enjeu dépasse la simple polémique : il s’agit de redéfinir les قواعد de gouvernance d’un instrument clé de soutien à la presse sénégalaise.

Les regards sont désormais tournés vers ce vendredi, où la transparence promise sera scrutée de près par l’ensemble des acteurs du secteur.

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