Gares routières : vers une réforme pour sécuriser la circulation et limiter les blocages
SENTV : Face aux perturbations liées à la grève des transporteurs routiers et aux blocages dans plusieurs terminus à l’intérieur du pays, le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, a annoncé que l’État envisage de prendre des décisions fortes quant à la gestion des gares routières publiques, après une réunion prévue avec le Premier ministre Ousmane Sonko.
Le ministre a souligné que le mouvement social, qui a débuté début avril sous l’égide de la Fédération des syndicats des transports routiers, a mis en lumière les dysfonctionnements liés à la gestion des gares routières appartenant à l’État.
Selon lui, ces infrastructures, confiées historiquement à des groupements de transporteurs et de chauffeurs, sont aujourd’hui un facteur de perturbation, puisque ces derniers bloquent l’accès ou l’activité des autres opérateurs, y compris des transporteurs privés, rendant difficile la libre circulation des Sénégalais, notamment à l’intérieur du pays.
« L’État ne peut pas rester simple propriétaire de ces gares en subissant des blocages qui immobilisent le pays », a déclaré le ministre, précisant qu’il ne s’agira ni de menaces ni de mesures arbitraires, mais d’une action judiciaire et administrative pour réorganiser la gestion tout en maintenant le dialogue avec les acteurs concernés.
Le mouvement de grève a fortement impacté la mobilité interurbain, bien que des services alternatifs aient permis de limiter les effets à Dakar. Les revendications des transporteurs portent notamment sur la réduction des tracasseries routières et sur la gestion de leurs structures professionnelles, mais aussi sur l’organisation même des points de départ et d’arrivée des bus.
Le ministre a indiqué que les résultats de la concertation avec le Premier ministre seront rendus publics, et qu’ils pourraient inclure une révision du cadre réglementaire de gestion des gares routières, avec des mesures visant à sécuriser les déplacements des usagers et à garantir un fonctionnement plus équitable du secteur.
Dans cette phase délicate, le gouvernement réaffirme sa volonté de concilier ordre public et dialogue social, tout en assurant que la liberté de grève ne doit pas entraver la liberté de travail ni la circulation des personnes et des biens au Sénégal.