SENTV : À un peu plus d’un an des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, le Comité d’organisation des JOJ (COJOJ) fait face à un revers administratif. L’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) a ordonné l’annulation de la procédure de sélection d’un prestataire chargé de l’organisation des cérémonies de l’événement, pointant plusieurs irrégularités dans le processus de passation du marché.
L’affaire trouve son origine dans un Appel public à manifestation d’intérêt (AMI) lancé le 3 décembre 2025 par le COJOJ. À l’issue de la phase de présélection, quatre candidats ayant obtenu la note minimale requise avaient été retenus pour soumettre leurs offres techniques et financières.
Toutefois, la société Leap Creative Studio, écartée des lots 1 et 2, a contesté les résultats. Après une réclamation adressée au Comité d’organisation et jugée insatisfaisante, l’entreprise a saisi le Comité de règlement des différends (CRD) de l’ARCOP.
Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, le CRD a donné raison au requérant dans une décision rendue le 1er avril 2026. L’instance de régulation a déclaré le recours recevable et ordonné la suspension de la procédure en attendant l’examen du dossier.
Dans ses observations, l’ARCOP relève plusieurs manquements. L’autorité de régulation reproche notamment au COJOJ l’absence de critères d’évaluation suffisamment précis et mesurables pour garantir une appréciation objective des offres soumises par les candidats.
Le CRD s’est également interrogé sur l’intention affichée par l’autorité contractante de recourir à une phase de négociation en vue d’une éventuelle conclusion du contrat par entente directe. Une démarche que l’organe de contrôle considère incompatible avec la procédure engagée.
Pour l’ARCOP, les règles de la commande publique ne permettent pas de combiner plusieurs modes de passation pour un même marché. L’institution rappelle en outre que les soumissionnaires disposent d’un droit de recours lorsque leurs intérêts sont susceptibles d’être affectés par une procédure qu’ils jugent irrégulière.
Au terme de son analyse, l’organe de régulation a conclu que la procédure engagée par le Comité d’organisation des JOJ ne correspondait à aucun des mécanismes de passation prévus par la réglementation en vigueur, justifiant ainsi son annulation.
Cette décision constitue un rappel à l’ordre pour le COJOJ, appelé à revoir sa copie afin de garantir la transparence, l’équité et la conformité des marchés liés à l’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, un rendez-vous sportif majeur attendu sur le continent africain.