LEVÉE DE L’ÉTAT D’URGENCE : Va-t-on vers un Magal, Gamou à risque

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SENTV.info s’intéresse aux enjeux de la levée de l’état d’urgence. Cela en perspective des prochains rendez-vous religieux comme le Magal de Touba, le Gamou de Tivaouane…vu les tendances inquiétantes que prend la maladie à coronavirus, faut-il s’inquiéter du comment les millions de personnes rassemblés seront gérés. L’Etat a mis fin au régime d’exception. Quelle conséquence sur ces moments de ferveur religieuse.

Les murs sont tombés. L’État a mis fin au régime d’exception au moment où le Sénégal comptait plus de 100 décès précisément 116. La décision intervient à l ‘instant où le Sénégal semblait plus avoir besoin de maintenir le cap de l’État d’urgence vu l’augmentation de la moyenne du nombre de décès par jour. On passe de 1 à 3 voire 4 décès par jour en moyenne. Ce qui devient inquiétant au regard de l’accroissement de risques au fur et mesure que l’État recule par l’assouplissement ou l’allègement des restrictions et l’ouverture de certains lieux publics. Comme qui n’y fit rien malgré les fortes mesures des débuts de riposte, les risques vont crescendo, la situation semblant aller de mal en pis jusqu’aujourd’hui. Personne ne peut donner l’assurance d’une fin salutaire de l’épidémie, encore moins fixer les moments de pic pour que les choses aillent enfin en sens inverse avec la diminution des cas de contamination. C’est plutôt la cacophonie entre le ministère et les spécialistes de la santé. Depuis, on ne s’aventure plus à fixer un cap à cause des caprices du virus. Les incertitudes liées à l’épidémie sont trop grandes.

De son analyse SENTV.info relève que ni l’État, ni les blouses blanches ne parlent le même langage, sinon que de nous conforter dans l’idée morbide et macabre que la maladie a coronavirus a de l’avenir au Sénégal vu que tous les ingrédients sont réunis (comportement à risque dans les lieux publics… non-respect des mesures barrières). Cet état de fait va avec mille et une questions sur la fin de la pandémie au Sénégal’. D’ailleurs, face à cela, la formule du “sauve qui peut”, c’est à dire « d’apprendre à vivre avec le virus », comme nous y invite le chef de l’Etat, ôte une épine du pied des autorités qui ne savent à quel remède, médicament se vouer. En effet, l’échéance d’août, voire septembre rapporté par le président de la République, lors de son discours, est prise avec des pincettes. Surtout si des voix nous font miroiter la catastrophe avec le risque d’avoir beaucoup plus de décès si les mesures barrières ne sont pas respectées et aider à prévenir les cas communautaires.

En réalité, de l’analyse de la SENTV.info, tout porte à croire que les autorités, comme dépassées, ne semblent pas voire plus loin le bout de leur nez. Cela en revisitant les volte-face, demi-tours et autres décisions qui ont plus problématisé les risques de contamination que de les solutionner. La liste des coups manqués est longue (fermeture réouverture de certains lieux de rassemblement, réouverture in extremis des classes.). En revenant à la dernière décision de lever le régime d’exception que beaucoup voient déjà comme une brèche ouverte, il y a à s’intéresser sur les risques qui vont désormais planer dans le quotidien des Sénégalais, qui ont décodé, à travers, la fin de l’État d’urgence, qu’ils sont désormais plus libres. Les comportements dans les rues, transports en commun…en disent long.

Toutefois, la grande inquiétude qui se profile et qui tourmente SENTV.info est de savoir si l’État, parfois pris à la surprise du fait d’une certaine négligence, a pris en compte, dans son agenda de la riposte à la Covid-19, l’équation des futurs rendez-vous religieux qui drainent des millions de fidèles, venus de la sous-région de la diaspora ? A six mois, où en serait le Sénégal dans la lutte contre la Covid-19 ? En tout cas, la tendance en cours semble nous mener vers d’autres décès et des multiplications de cas positif. Cela au moment où l’État a presque baissé la garde, d’abord, sous le prétexte de suivre les tendances mondiales en cours qui soutiennent l’inefficacité des fortes restrictions. Ensuite pour des raisons économiques.

Dans tous les cas, le rendez-vous des fidèles, dans les six mois, à venir devra parier sur un comportement responsable qui s’arme du savoir vivre avec le virus. Mais vu la tendance actuelle, l’État aura plus à anticiper ces événements de l’agenda religieux. Ce d’autant que les risques qui en émaneront ne seront qu’une des conséquences des décisions antérieures comme la levée de l’État d’urgence et qui ont conduit à favoriser les contaminations et de ce fait faire planer des menaces sur les ferveurs religieuses. Dans tous les cas, même si les foyers religieux sont interpelés, SENTV.info considère que l’Etat est le premier concerné.

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