SENTV : Le Sénégal confirme son statut de bon élève africain en matière de lutte contre le tabagisme. Selon les résultats les plus récents de l’Enquête mondiale sur le tabagisme chez les adultes (GATS), rendus publics cette semaine, la consommation de tabac chez les adultes a reculé de plus de 25 % depuis 2015, traduisant l’impact tangible des politiques publiques mises en œuvre ces dernières années.
Avec 4,4 % d’adultes consommateurs, le pays affiche aujourd’hui l’un des taux de prévalence les plus faibles du continent, un résultat attribué à un arsenal législatif jugé robuste : interdiction de fumer dans les lieux publics, avertissements sanitaires, restrictions de la publicité et mesures fiscales dissuasives.
Outil de référence de l’Organisation mondiale de la santé, la GATS permet de mesurer l’évolution des comportements liés au tabac et d’évaluer l’efficacité des politiques de prévention. Conduite pour la première fois au Sénégal en 2013, puis reconduite en 2015, l’enquête avait déjà mis en évidence une dynamique de recul du tabagisme.
Les données actualisées confirment cette tendance et valident la stratégie volontariste des autorités sénégalaises en matière de santé publique. Pour les acteurs du secteur, ces résultats démontrent qu’une combinaison de réglementation stricte et de sensibilisation peut produire des effets durables.
Cependant, l’enquête met également en lumière une nouvelle menace : l’offensive commerciale des multinationales du tabac. Des groupes comme Philip Morris International ou British American Tobacco intensifient leurs actions dans des pays à faible prévalence, dont le Sénégal, en misant sur les cigarettes électroniques, les sachets de nicotine et les produits du tabac chauffé.
Selon les conclusions de l’étude, ces produits sont souvent promus à travers des stratégies ciblant les jeunes publics : campagnes sur les réseaux sociaux, présence dans des festivals et concerts, arômes attractifs et emballages au design soigné.
« Il est essentiel que le Sénégal réglemente ces produits afin d’empêcher l’industrie du tabac de créer une nouvelle génération de toxicomanes et d’anéantir les progrès considérables réalisés par le pays dans la lutte contre le tabagisme », alerte Bintou Camara Bityeki, directrice des programmes Afrique de la Campagne pour des enfants sans tabac.
Dans un communiqué, l’organisation salue les avancées enregistrées par le Sénégal tout en appelant à l’adoption rapide d’amendements législatifs pour encadrer les nouveaux produits nicotiniques. Elle se dit également disposée à accompagner les autorités dans l’extension des espaces sans fumée.
« Il est urgent d’agir pour continuer à sauver des vies, à faire baisser le tabagisme et à promouvoir un avenir plus sain pour le Sénégal », souligne le communiqué.
Si les chiffres témoignent d’un succès réel, les experts s’accordent sur un point : la lutte antitabac demeure un combat de longue haleine, nécessitant adaptation permanente des politiques publiques face aux stratégies évolutives de l’industrie.